Manifestations propalestine à Londres : la police fait de la casuistique avec le Djihad

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Lors de récentes manifestations en faveur de la Palestine à Londres (qui ont rassemblé cent mille personnes), la police a été accusée de laxisme pour n’avoir pas arrêté certaines personnes qui appelaient au Djihad, alors que la scène était filmée en vidéo. Elle s’en expliqué ainsi : « Le mot djihad a plusieurs acceptions, même si nous savons que le public l’associe communément au terrorisme. Nous avons des spécialistes du contre-terrorisme au centre d’opérations qui ont épluché la vidéo filmée à la manifestation Hizb ut-Tahrir dans le centre de Londres et n’ont pas identifié la moindre offense. Cependant, comme nous savons que ce langage sera interprété et divisera le public, nous avons identifié l’homme qui criait des slogans litigieux et nous lui parlerons bientôt pour le dissuader de recommencer. » Sans doute le « grand Djihad » peut-il désigner la lutte spirituelle du musulman contre lui-même, mais, selon le journaliste Andy Ngo qui suivait la manifestation, « j’étais là et le manifestant parlait clairement d’inciter les chefs militaires, les pays, à mobiliser des armées de musulmans pour les envoyer en Palestine aider les Moudjahidines contre Israël dans une guerre Sainte pour l’islam ». Et l’explication alambiquée de la police londonienne a été saluée sur les réseaux sociaux par une salve d’ironie. Aussi le ministre de l’immigration Robert Jenrick a-t-il jugé « totalement inacceptable » d’appeler au Djihad dans les rues de Londres, quelques soit la signification du mot et l’intention supposée des manifestants.