Des jeunes chauffés au rouge par La France insoumise incendient la France sous prétexte que leurs établissements « manquent de moyens ». Or les données tant françaises qu’européennes montrent que c’est un mensonge grossier. Selon les comptes de l’Education nationale la dépense intérieure de l’éducation est passée, en euros constants, de 90 milliards en 1980 à 199,2 milliards, soit une augmentation de 120 %. Ou, si on la rapporte au nombre de lycéens, une augmentation de seulement 70 %, passant de 6.910 euros en 1980 à 11.950 euros constants. Les syndicats font valoir que ces moyens stagnent depuis les années 2010, et c’est vrai mais l’augmentation n’en est pas moins spectaculaire sur 40 ans : ils ne subissent pas une pénurie mais un arbitrage. En effet, dans l’augmentation globale, l’Etat a fait depuis dix ans un effort spécial pour les écoliers du premier degré : ils coûtaient, par personne, 3.810 euros en 1980, ils en coûtent 9.080 en 2024, avec un rattrapage spectaculaire depuis 2016, le moment même où l’Etat levait le pied sur les lycées. Même ainsi, la comparaison avec l’étranger montre qu’à long terme les lycéens n’ont pas à se plaindre. Selon l’OCDE, la France consacre en moyenne environ 10.900 euros par an à un élève du secondaire contre 9.000 pour le primaire, un cinquième de plus. Sur une scolarité complète, l’écart est de 30 % de moins au primaire par rapport à la moyenne de l’OCDE, et 19 % de plus au secondaire. Et la France dépense 30 % de plus pour chaque lycéen que le Japon, et davantage que l’Allemagne, l’Italie ou le Royaume-Uni. Réclamer des moyens pour le lycée, c’est demander davantage pour le niveau le mieux doté. Les moyens ne sont pas le problème, mais l’idéologie des élèves et la pédagogie des profs inspirés par 1968 et l’immigration.











