
Il a fallu un an aux chercheurs de l’Ă©quipe commerciale des cartes de paiement Visa pour dĂ©velopper un tintement caractĂ©ristique qui se fera entendre chaque fois qu’un paiement sera fait par ce moyen. Le cahier des charges Ă©tait clair : il fallait que la petite sonnerie soit Ă la fois « Ă©nergique et optimiste », histoire sans doute de mieux faire avaler la douloureuse. Cela relève d’un tout nouveau domaine, celui du « marketing sensoriel » qui cherche à « optimiser l’expĂ©rience d’achat », pourrait-on dire en singeant le vocabulaire des psychologues comportementaux.
Faites l’expĂ©rience : au supermarchĂ©, dans le grand magasin, le tintement incessant des caisses et des machines auto-enregistreuses crĂ©e dĂ©jĂ un fond sonore passablement irritant. Bande-son de la sociĂ©tĂ© consumĂ©riste… Avec sa nouvelle signature auditive, Visa va ajouter au vacarme ambiant, soulignant de son petit carillon caractĂ©ristique chaque paiement, notamment ceux rĂ©alisĂ©s depuis un Smartphone ou depuis un tablette par le biais d’une application.
Le marketing sensoriel : selon Visa, c’est une première
Après tout, l’envoi de mails, la rĂ©ception de messages Whatsapp et autres SMS ont eux aussi leur « bruit maison » qui permet Ă la fois de notifier l’heureux rĂ©cipiendaire et de vĂ©rifier – pour l’Ă©metteur – qu’un texto est bien passĂ©. GĂ©nĂ©ralement, d’ailleurs, le propriĂ©taire du Smartphone ou de la tablette peut modifier ces sonneries Ă sa guise, ce qui n’est pas du luxe lorsqu’on est dans un environnement de foule.
Ce qui interpelle dans le cas de Visa, c’est l’idĂ©e de mettre en place un son unique, et tout le soin (et sans doute, l’argent) investi pour obtenir un certain Ă©tat d’esprit chez l’utilisateur. Energie et optimisme donc, l’Ă©quipe de marketing ne s’en cache pas : il fallait quelque chose qui mette de bonne humeur sans trop gĂŞner le payeur par sa durĂ©e ou sa tonalitĂ©. Il fallait que le son rende l’idĂ©e de « vitesse et de commoditĂ© ». Il ne fallait surtout pas quelque chose d’intrusif et encore moins d’irritant : ainsi, des sonneries proposĂ©es ont Ă©tĂ© Ă©liminĂ©es parce qu’elles suscitent « trop la colère » ou provoquent « des rĂ©actions viscĂ©rales ». On se demande bien lesquelles… L’envie de partir sans payer, peut-ĂŞtre ?
En payant avec la carte Visa, vous entendrez un son énergique et optimiste
Mais l’opĂ©ration ne s’arrĂŞte pas lĂ . La sociĂ©tĂ© Visa met Ă©galement en place une vibration « unique » que ressentiront les utilisateurs en payant par le biais de leur smartphones. Et non, ce ne sera pas sur le mode choc Ă©lectrique…
Qui dit marketing, en effet, dit spĂ©cialistes de la chose : l’affaire a pris un an parce qu’on a dĂ©ployĂ© des batteries de tests neurologiques sur des volontaires dont les rĂ©actions physiques ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es et analysĂ©es au fur et Ă mesure qu’ils entendaient des sons diffĂ©rents et qu’on les accompagnait de vibrations inĂ©dites. Essais concluants : selon Visa, les cobayes sont repartis « heureux » et « enthousiastes ». « Nous voulons ĂŞtre sĂ»rs d’avoir le point de vue global, et non pas simplement quatre Ă cinq personnes mal informĂ©es pour dĂ©cider de ce qui allait remporter le prix de la popularitĂ© », a indiquĂ© Lynne Biggar, chef du service marketing de la sociĂ©tĂ©.
Visa sonnera pour rendre vos courses épanouissantes sur le plan sensoriel…
C’est en janvier, Ă quelques jours des Jeux olympiques d’hiver Ă Pyeongchang en CorĂ©e du Sud, que Visa compte lancer son nouveau son, qui fera lui-mĂŞme l’objet d’un marketing : une campagne de publicitĂ© mettant en scène des athlètes qui utilisent leur carte pour un paiement sans contact ou pour faire des courses en ligne.
Ne parlait-on pas jadis de la monnaie sonnante et trĂ©buchante ? C’est un peu la mĂŞme idĂ©e, mais, cette fois, non pas dictĂ©e par la rĂ©alitĂ© mais imposĂ©e de manière virtuelle. J’ai d’ailleurs une bonne idĂ©e pour Visa : pourquoi ne pas inventer une sonnerie complĂ©mentaire en mineur pour signaler haut et fort un compte en nĂ©gatif ?
On peut écouter le son ici. Un petit « ding-dong » nasillard sur le mode descendant. Tout ça pour ça ?



























































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