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Mexique : les Etats aux lois d’avortement les moins libĂ©rales connaissent moins de mortalitĂ© maternelle

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Une Ă©tude internationale menĂ©e au Mexique sous la direction du Dr Elard Koch, de l’UniversitĂ© du Chili, avec des chercheurs mexicains et amĂ©ricains, a permis de constater que les Etats mexicains ayant une lĂ©gislation stricte de restriction de l’avortement sont aussi ceux qui connaissant les plus bas taux de mortalitĂ© maternelle. VoilĂ  qui contredit frontalement le discours de ceux qui prĂ©tendent « sauver des vies Â» en libĂ©ralisant l’accès Ă  l’avortement. Ils disent vouloir Ă©viter aux femmes des accouchements difficiles ou des grossesses rapprochĂ©es, protĂ©ger leur vie menacĂ©e par la poursuite d’une grossesse, et rĂ©duire l’impact des avortements clandestins, mais aucun de ces arguments ne tient face Ă  la rĂ©alitĂ©.
 

Des statistiques à faire connaître

 
Les chercheurs ont comparĂ© les statistiques, sur dix ans, de 14 Etats mexicains assurant la protection constitutionnelle des enfants Ă  naĂ®tre, et de 18 autres qui ont des lois plus ou moins libĂ©rales. Les Etats les moins permissifs affichent un taux de mortalitĂ© maternelle nettement plus bas, de 23%. La proportion est encore plus significative pour la mortalitĂ© post-avortement : les Etats non permissifs affichent un taux infĂ©rieur de jusqu’à 47% Ă  celui des Etats qui autorisent l’avortement dans certaines circonstances.
 

« L’avortement sĂ»r et lĂ©gal Â» associĂ© Ă  davantage de mortalitĂ© maternelle

 
L’« avortement sĂ»r et lĂ©gal Â» n’est donc pas la panacĂ©e lorsqu’il s’agit de protĂ©ger la vie des femmes : au contraire, il est associĂ© Ă  une mortalitĂ© maternelle plus importante.
 
A l’inverse, l’accès plus difficile à l’avortement, dénoncé comme une atteinte aux droits et à la santé des femmes par des institutions comme la Fédération internationale du Planning familial et d’autres organismes internationaux, gouvernementaux ou non, n’est pas associé à une mortalité maternelle accrue.
 
L’étude mexicaine ne se bornait pas Ă  ces seules statistiques : elle s’est intĂ©ressĂ©e Ă  un ensemble de donnĂ©es qui ont un impact sur la santĂ© maternelle. Elle a permis d’établir que les Etats du Mexique ayant des lĂ©gislations plus libĂ©rales en matière d’avortement Ă©taient aussi ceux oĂą la violence Ă  l’égard des femmes est la plus importante.
 

Mexique : moins les lois d’avortement sont libérales, meilleure est la situation sanitaire des femmes

 
Quant aux Etats les moins permissifs, ils offrent de meilleurs soins prĂ©nataux, comptent davantage de personnels spĂ©cialisĂ©s en santĂ© maternelle ; leur rĂ©seau d’obstĂ©trique d’urgence est Ă©galement meilleur.
 
Dix facteurs liĂ©s Ă  de moins forts taux de mortalitĂ© maternelle ont Ă©tĂ© passĂ©s au crible par l’étude. C’est celui de l’alphabĂ©tisation et de la meilleure instruction des femmes qui est le plus fortement liĂ© aux meilleurs taux – les meilleurs niveaux se constatent dans les Etats mexicains qui restreignent le plus fortement l’accès Ă  l’avortement. Une meilleure instruction est associĂ©e Ă  une meilleure connaissance de la nĂ©cessitĂ© de l’hygiène et Ă  une moindre prĂ©valence de fausse « sagesse populaire Â» qui peut avoir des effets dĂ©sastreux pour la santĂ© des mères.