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Migrants : Angela Merkel et François Hollande demandent une politique commune de l’Union européenne

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Face à la crise « exceptionnelle » des migrants qui submergent l’Europe, François Hollande s’en est allé retrouver Angela Merkel à Berlin, lundi, d’où ils ont exhorté leurs partenaires européens à la mise en place des décisions prises afin de parvenir, aussi rapidement que possible, à une politique commune, c’est-à-dire unifiée.
 
Parmi les pistes pratiques envisagées, le chancelier allemand a notamment demandé l’ouverture, « avant la fin de l’année », de centres d’accueil en Italie et en Grèce destinés non pas tellement à accueillir les migrants, mais surtout à rechercher ceux éligibles à l’asile. Un système effectivement nécessaire face à un afflux auxquels les pays-frontières de l’Union européenne sont désormais incapables de faire face, mais qui risque de soulever régulièrement l’indignation à la discrimination des bien-pensants.
 

Angela Merkel et François Hollande face aux migrants

 
Angela Merkel n’en a cure, qui pense d’abord aux conséquences pratiques d’une situation qui, très rapidement, risque de déraper. Aussi explique-t-elle que, entre les pays européens, « la charge doit être répartie équitablement, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle », puisque l’Allemagne est, depuis des mois, voire des années, le pays européen à accueillir le plus de migrants.
 
Alors, peu lui chaut que la question se règle par le système des quotas que la Commission européenne avait, sans succès, mis en avant, ou par celui d’une répartition volontaire. Ce qu’elle désire, c’est que son pays ne figure plus dans le subconscient des migrants comme le premier pays de destination, afin de préserver une opinion publique allemande qui fait de plus en plus grise mine.
 
A son habitude, François Hollande est resté, lui, dans un registre d’idées plus générales. Il a évoqué « une responsabilité qui ne peut pas être laissée à un pays en particulier, mais qui concerne toute l’Europe », ce qui a dû satisfaire son hôte.
 

Vers une politique commune ?

 
Puis il a enchaîné sur le caractère exceptionnel de la situation. « Mais une situation exceptionnelle qui va durer, a-t-il précisé, tant que les crises que nous connaissons n’auront pas été réglées. »
 
« Alors plutôt que d’attendre, plutôt que gérer au jour le jour ces situations, nous devons nous organiser et renforcer nos politiques. C’est ce que l’Allemagne et la France proposent », a-t-il conclu.
 
On doute que cela suffise à régler la situation. Ce n’est pas en multipliant les rencontres et les réunions où l’on se contente de déclarer qu’il faut s’organiser que l’on fera évoluer la question.
 
Exemple concret dans l’appel lancé par François Hollande et Angela Merkel, à deux mois du sommet Union européenne-Afrique, pour que soit renforcé le travail de coopération avec les pays africains afin de favoriser le retour des migrants en situation illégale.
 

La gouvernance de l’Union européenne

 
Il est tout aussi douteux, en effet, que les pays africains aient spécifiquement envie de récupérer des gens dont la nature instable ne leur apportera rien. Les discussions risquent d’être longues. Il serait bon, sans doute, d’étudier les moyens d’empêcher, autant que faire se peut, les migrants de quitter leurs pays d’origine. Ensuite, c’est évidemment beaucoup plus complexe…
 
En attendant, la crise migratoire a au moins ceci de bon aux yeux de nos hommes politiques, c’est qu’elle force à avancer sur l’idée d’une politique commune, faible paravent de la gouvernance européenne qu’ils appellent de leurs vœux…
 

François le Luc