Pourquoi le niveau s’effondre : l’arc-en-ciel tue les maths

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Jeanne Smits vient de signaler l’inquiétude des professeurs de l’université de Californie devant l’incapacité d’une part importante de leurs étudiants à suivre les cours, qu’ils attribuent à des « lacunes de préparation » dans le secondaire. Notre confrère Slate le confirme, c’est la même chose en France : le niveau s’effondre, les exemples d’épreuves au bac qu’il donne sont (tristement) hilarants. Ces constatations appellent une question : pourquoi ? La réponse est épouvantablement simple : c’est un fait exprès. Le système éducatif enseigne autre chose. A vivre ensemble. A respecter l’inclusion et notre mère la Terre. Etc. Même les profs de maths ont pour premier souci l’arc-en-ciel. Témoin le congrès des mathématiciens à Philadelphie.

 

Maths au bac : niveau CM1, et encore !

Il y a toujours eu des têtes de classe, du genre latin-grec-maths-sanskrit. Et puis les taches, les buses, les cancres. Mais, à l’époque, les profs les poussaient à se décarcasser. Jamais on n’aurait imaginé, même pour un « maths faibles », de lui demander au bac combien font 30 % de 150. Ni cet autre exercice dont voici l’énoncé : « Un article coûte initialement 50 euros. Son prix diminue de 10 %, puis augmente de 10 %. Quel est son prix final ? » Ça, c’était le niveau CE2/CM1. Or ce sont pourtant deux « épreuves » du bac anticipé proposées aux élèves de première le 12 juin 2026. On tournera les choses comme on voudra, on cherchera les excuses qu’on pourra, le fait est avéré, incontestable, la machine à produire des nuls tourne à plein régime. C’est hélas volontaire. On ne peut en effet pas tout faire à la fois. L’enseignement sert à autre chose qu’à fournir aux élèves des connaissances et des méthodes de réflexion. Les maths en étaient hier un des pôles, ils servent aujourd’hui de prétexte à l’inclusion.

 

LGBT, justice écologique : l’arc-en-ciel en congrès

Le congrès international des mathématiciens qui tiendra sa conférence annuelle en juillet à Philadelphie en donne une image saisissante. La plupart des communications portent sans surprise sur des sujets mathématiques. Mais d’autres relèvent d’une démarche plus philosophique, voire carrément politique. Par exemple celle du 24 juillet : « L’enseignement des mathématiques est-il sensible à la justice écologique : avec des savoirs incarnés, enchevêtrés et “populaires” ? » Voilà une question complexe. Anita Rampal, qui enseigne à l’université de Delhi, en donne la clef : « Nous interrogeons la portée des discours du XXIe siècle sur l’enseignement des mathématiques, qui renforcent les hiérarchies entre “compétences” et “connaissances”, afin de trier et de séparer, et de maintenir une division mondiale du travail entre le monde “intellectuel” et le monde matériel. »

 

Des élèves faibles en maths ? Horriblement non-inclusif !

Et elle poursuit : « Nous sommes témoins de régimes de standardisation et d’homogénéisation des programmes de mathématiques qui qualifient une grande partie de la population jeune d’élèves faibles. » Voilà qui est interdit : ce n’est pas inclusif ! Aussi les participants à sa conférence exploreront-ils « des imaginaires interculturels et des co-constructions des mathématiques pour l’enseignement scolaire et professionnel qui soient adaptés aux moyens de subsistance, aux lieux et à la planète, dans le cadre d’un engagement envers la justice écologique ». Le comité d’organisation n’a pas répondu au journal en ligne américain The College Fix qui lui demandait la raison du choix d’une telle communication.

 

L’arc-en-ciel, une civilisation qui s’effondre

Le congrès, à côté des maths, proposera aussi un « déjeuner des amis des LGBT ». Interrogé sur ces deux sujets, le président de l’Union mathématique internationale, Hiraku Nakajima, a déclaré que son organisation ne choisit pas les sujets, mais les intervenants, tous qualifiés. Interrogé sur une éventuelle politisation de l’événement, il a rappelé que sa priorité était « l’excellence mathématique », et que « les événements de la conférence qui peuvent sembler de nature politique sont plutôt un effort pour garantir que la communauté mathématique soit ouverte, collégiale et exempte de discrimination ou de harcèlement. Je ne vois pas cela comme une politisation des sciences exactes, mais comme un soutien aux conditions humaines qui permettent à l’excellence en mathématiques de s’épanouir ». L’arc-en-ciel a sa langue de bois, ce monsieur en fait un usage généreux. La réalité est plus claire : l’agenda arc-en-ciel s’applique à tout désormais, les maths n’ont aucune raison d’y échapper.

 

Pauline Mille