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A Pâques, près de 9.000 migrants ont traversé la Méditerranée

Pâques Migrants Méditerranée
 
Des records, des records… et point beaucoup d’échos dans les media. Les jours se font plus beaux et le nombre de migrants traversant la Méditerranée atteint des chiffres lourds de conséquences. Le week-end de Pâques a été particulièrement choisi : au total, près de 9.000 personnes, venues en majorité des pays d’Afrique sur pas moins de 73 embarcations de fortune, des canots pneumatiques ou des barques en bois, ont dû être secourues,..
 

La Méditerranée demeure un passage pour les migrants

 
Déjà, le 21 mars dernier, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) nous annonçait qu’en quelques jours, plus de 6.000 migrants avaient été secourus – une situation « qui dépasse tout ce que l’on a pu voir jusqu’à maintenant en Méditerranée », selon son porte-parole.
Ce week-end de Pâques, les passeurs ont profité de l’accalmie météorologique pour faire partir de nombreuses embarcations des côtes libyennes pour rejoindre l’Europe. Quelque 2.000 personnes ont été récupérées vendredi par « Médecins sans frontières », samedi 4.500 embarqués nécessitaient pas moins de 35 opérations de sauvetage et dimanche, 2.000 autres migrants réclamaient assistance…
L’organisation privée maltaise, MOAS (Migrant Offshore Aid Station), décrit une situation « sans précédent », un « marathon de 24 heures de sauvetage continu », un énième point d’acmé dans l’« escalade récurrente de cette crise humanitaire en cours, en mer ». La porte-parole de l’ONG « Jugend Rettet » insiste : « Nous n’avons jamais eu à nous occuper d’autant de personnes en même temps ».
 

Les chiffres de Pâques : une hausse de plus de 30 % par rapport à 2016

 
Depuis le début de l’année, 36.000 personnes ont été « secourues », selon le porte-parole de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) : par rapport à l’année dernière, sur la même période, c’est une hausse de plus de 30 %.
Des chiffres qui devraient s’amplifier avec l’arrivée du printemps et de l’été. Et avec lesquels se comptent aussi les morts : plus de 600, en Méditerranée, depuis le 1er janvier. Les autorités italiennes vont devoir trouver des solutions d’urgence, car les centres de premier accueil sont désormais saturés.
La grande bleue est devenue point de passage privilégié, à présent que la Turquie retient beaucoup de réfugiés en vertu de son accord signé avec l’Europe et que la route des Balkans s’est vue fermée par les pays d’Europe de l’Est, il y a un an.
 

Nouveau foyer de rétention en Libye ?

 
Tant et si bien que les Européens cherchent aujourd’hui un accord avec Tripoli pour canaliser ces flux intarissables. Il y a près d’un mois, les ministres de l’Intérieur français, italien, allemand, autrichien, slovène, suisse, maltais, tunisien et libyen se sont réunis à Rome pour discuter d’un plan commun visant à « gouverner les flux migratoires ». Une aide logistique et financière a été annoncée. D’après le quotidien italien Corriere della Sera, la Libye aurait réclamé une dotation en hélicoptères, radars, embarcations et véhicules terrestres pour un total de 800 millions d’euros afin de surveiller ses frontières…
Un pays pourtant ravagé par la guerre civile, avec lequel on n’est sûr de rien. Les migrants sont un business dont ne sont pas prêts de se départir les réseaux mafieux de ceux que l’on nomme les « passeurs »… qui ne passent parfois rien du tout et extorquent, exploitent, esclavagisent les demandeurs.
En Libye, règne une véritable « traite négrière » dont témoignent de nombreux migrants revenus dans leur pays. Selon un rapport, publié il y a quelques jours par l’OIM, un nombre croissant de volontaires au passage sont vendus sur des « marchés aux esclaves » avant d’être soumis au travail forcé ou à l’exploitation sexuelle… Des charniers dans le désert ont même été évoqués. Pour la première fois, des médecins humanitaires ont observé, en sus des signes de violences et de tortures habituels, « les signes des guerres », « à travers des blessures par arme à feu ».
Un énième argument en faveur de l’accueil à tout crin ? Ces systèmes ont vu le jour à cause de la frénésie migratoire vers l’Europe. Rien d’étonnant à ce que l’homme devienne un loup pour l’homme dans ces contrées où sa dignité en tant qu’enfant de Dieu est inconnue et méprisée.
Et les ONG font malheureusement le jeu de ces criminels, le fonds de commerce de leur lucratif « business », en prenant en charge les migrants toujours plus près des côtes libyennes et de manière systématique. On ne peut en sortir.
 

Clémentine Jallais