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Les parfums du château : François Billot de Lochner

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Les parfums du château : François Billot de Lochner ; éditions TerraMare ; 232 p.


 

Il n’a pas voulu faire un traité sur la pornographie – trop éprouvant, les chiffres sont énormes, accablants. François Billot de Lochner voulait de l’espérance. Il a donc pris le problème à l’envers – ou plutôt à l’endroit : montrer la pureté en acte, cette lumière qui peut envahir l’ombre, éclairer la nuit de cette marée noire qui nous environne quotidiennement. Pour cela, il fallait un roman : Les parfums du château. Dans ce monde qui charrie la boue sur les écrans de toutes tailles, cette pureté qui n’est pas de la naïveté tient, certes, de l’héroïcité aujourd’hui. Mais la vertu n’a pas d’âge.
Ni la jeunesse d’ailleurs – Clotilde Marillac, l’héroïne du roman, est et doit être de toutes les générations.
 

Les parfums du château… les sons d’une harmonie

 
Il faudrait des centaines de milliers, des millions de Clotilde Marillac, sans doute, pour renverser la vapeur. Mais, c’est certain, « elles sont la flamme ardente de notre siècle décadent, nous dit François Billot de Lochner, et seront au cœur du redressement futur de notre société déclinante ».
La fraîche Clotilde a 22 ans. Tout comme Jo Ferraille que le hasard la fait rencontrer, ce jeune adulte immature qui nourrit une pauvre musique sans âme et ses soirées d’ivresse d’une addiction caractérisée à la pornographie. Pas dramatique, nous dira-t-on et qui ne gêne personne – ses copains ne font pas mieux…
 
Dramatique, ça l’est pour l’héroïne, particulièrement sensible et réceptive sur ce sujet dont elle connaît la nocivité. Et elle va tenter d’en tirer ce nouvel et improbable ami. Écornant au passage, avec un plaisant talent, de moindres maux modernes, tels que l’hyperconnectivité, le rap ou l’art contemporain…
 

« La plus grande révolution depuis le début de l’humanité » François Billot de Lochner

 
Jo Ferraille est un cas « normal » dans notre société où plus de la moitié des adolescents âgés de 15 à 17 ans ont déjà surfé volontairement sur des sites pornographiques… (pour ce qui est des involontaires, ils arrivent à 80 %). Le souci est que si l’on parle d’addiction, on entre dans le domaine des drogues.
 
Une récente étude allemande l’attestait encore il y a peu, le cerveau des consommateurs de pornographie peut être comparé à celui des consommateurs de cocaïne ou d’amphétamines. Chez les enfants, il y a un risque avéré de modification de comportement, d’actes violents, sans parler des problèmes psychologiques et des problèmes de sexualité dramatiques à venir.
 
C’est un esclavage moderne qui a envahi la société, démultiplié par les nouveaux moyens et outils de communication. Et qui déshumanise peu à peu le monde.
 

« La forteresse familiale » contre les assauts du monde

 
Alors, certains reprocheront à François Billot de Lochner un contexte trop caractérisé. Versailles et son parc, le Grand Canal, la place d’Armes… C’est un peu la famille privilégiée aussi, voire idyllique : jolie demeure bourgeoise, cercle social important, papa chef d’entreprise, maman pianiste, et même sages adolescents qui débarrassent la table une fois le déjeuner terminé (un rêve)…
 
Mais un romancier travaille avec ses matériaux. Et puis, quel que soit le contexte, quel que soit le milieu, le point qui importe reste le même : une éducation saine, dans une famille unie, nourrie de l’intérieur par la Foi. C’est le message essentiel de l’ouvrage – sa raison d’être.
 
Bien qu’elle ait son franc-parler, la jeune Clotilde n’assène pourtant aucune vérité dogmatique. Il s’agit plutôt d’un rayonnement, quelque chose qui coule de source. Comme une harmonique que Joe Ferraille perçoit sans encore l’expliquer et qui lui explose au visage. Elle émane de ce piano, alors que Clotilde joue Chopin, les doigts tremblants. Elle se dégage de cette vie joyeuse et paisible qui ne craint pas l’engagement et le don de soi.
 
La source est là, toute proche et très haut à la fois, concentrant le Beau, le Vrai et le Bien – seul barrage qui tienne face à la déferlante. Un peu comme sainte Clotilde qui pria le Dieu chrétien de gagner la France à son cœur, Clotilde Marillac s’efforce, dans ce petit roman convaincu, de conserver un chrétien à la France. Irréaliste ? On a dit ça des missionnaires…
 

Clémentine Jallais