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COMEDIE A perfect Day : un jour comme un autre ♥


 
A perfect Day : un jour comme un autre est une comédie internationale, à l’humour très noir. Elle traite des derniers jours de la guerre et des premiers jours de la paix qui suivent, ou du moins du cessez-le-feu définitif correspondant à un arrêt effectif des combats – chose qui n’est du reste évidente qu’après-coup – à travers les yeux d’une équipe de Médecins sans Frontières. Le nom et le logo de MSF sont absents, vraisemblablement pour des raisons légales, mais cette transposition est plus que transparente. A perfect Day : un jour comme un autre renvoie en permanence à la difficile babel du monde humanitaire : les acteurs sont très loin de se comprendre tous spontanément, même entre eux, donc a fortiori avec les indigènes – même si l’anglais, et dans une moindre mesure l’espagnol, s’imposent comme langues de travail dominantes. Le serbo-croate n’est ainsi pas traduit, afin de mettre le spectateur moyen dans la situation de difficulté des Occidentaux. Le titre bilingue lui-même propose volontairement une traduction légèrement erronée ; il est ironique en anglais, un jour parfait, et pas forcément en français.
 

A perfect Day, un jour comme un autre : un objet rare

 
A perfect Day : un jour comme un autre ne peut amuser que le spectateur qui accepte le postulat de départ selon lequel on peut rire sinon d’absolument tout, du moins de presque tout. L’équipe d’humanitaires cherche désespérément une corde, longue et solide, ce qui n’est pas un article facile à trouver dans un pays en guerre. Cette corde est absolument indispensable pour retirer le cadavre d’un homme corpulent d’un puits. Plus les heures s’écoulent plus il s’imprègne d’eau, devient lourd et met à l’épreuve la solidité de toute corde ; après 24-48 heures, il commencera à se décomposer franchement, polluant pour plusieurs semaines au moins l’unique point d’alimentation en eau d’un village. Les mafieux locaux proposent l’eau d’un camion-citerne, et s’opposent donc au sauvetage du puits. Plus étonnant, les bureaucraties onusienne et militaire, qui se combinent monstrueusement à travers les Casques Bleus, peuvent aussi gêner, voire empêcher cette action pourtant évidemment des plus utiles, en faisant preuve d’un juridisme pointilleux, kafkaïen, totalement déconnecté des réalités.
 
Tous ces passages peuvent être amusants, d’autant plus qu’ils sentent le vécu. Certaines scènes ou dialogues manquent parfois de finesse, mais correspondent sûrement à des réalités. La tragédie subie par les populations de Bosnie demeure constamment présente. Cet aspect humain fondamental limite la portée comique de A perfect Day : un jour comme un autre. Le film peut cependant intéresser les amateurs d’humour noir ou les cinéphiles curieux d’un objet rare, par son sujet et la façon de l’aborder au cinéma.
 

Hector Jovien