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Le président turc Erdogan en visite en Algérie

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Recep Tayyip Erdogan terminait, ce jeudi, une visite de deux jours en Algérie. Le tout nouveau président turc a estimé nécessaire de renforcer ses liens, notamment économiques, avec l’Algérie d’Abdelaziz Bouteflika. Ancien maire d’Istanbul, fondateur du parti conservateur AKP et Premier ministre pendant plus de onze ans, Erdogan sait – et Bouteflika ne l’ignore pas – combien les liens entre la Turquie et l’Algérie sont nécessaires aux deux pays.
 
C’est le président algérien Bouteflika qui l’a lui-même souligné dans un communiqué : cette visite était nécessaire dans le cadre du « renforcement continu des relations entre les deux pays liés par un traité d’amitié et de coopération » (signé en 2006).
 
L’Algérie est, en effet, selon un document officiel, le premier partenaire (avec un volume d’échanges de 3,5 milliards d’euros en 2012, et qui a presque doublé depuis) en Afrique de la Turquie, laquelle « tente de réorienter sa politique vers le monde arabo-islamique depuis le report de son intégration à l’Union européenne ». Elle est aussi son quatrième fournisseur en énergie.
 

Une visite et une coopération en centaine de milliards

 
Une situation qui a été renforcée par la signature d’une convention portant prolongation du contrat de livraison de gaz naturel liquéfié algérien à la Turquie pour dix années supplémentaires, avec en outre augmentation du volume de 50 %. Il est vrai que, avec 260 milliards de dollars d’investissements prévus pour les cinq prochaines années, le marché algérien vaut la peine qu’on s’y intéresse.
 

Visite en Algérie et rappel de l’histoire

 
Dans ce contexte, la pointe à l’endroit de l’Union européenne n’est pas innocente. Surtout en ce qui concerne les relations entre l’Algérie et la Turquie : on se rappelle que l’Empire ottoman exerçait le pouvoir en Afrique du Nord, de loin il est vrai, jusqu’à l’expédition française de 1830. Recep Tayyip Erdogan, qui a notamment proposé que soient supprimés les visas entre les deux pays, entend donner une consistance nouvelle à coopération africaine : « Je suis convaincu que la Turquie et l’Algérie peuvent réaliser de grands projets communs en Afrique. » Il y a quelques jours, il invitait d’ailleurs le roi du Maroc Mohammed VI à se rendre en Turquie.
 

Le président turc Erdogan traité en hôte de marque

 
A l’heure où la Russie organise une union à l’Est, l’Union européenne doit effectivement s’inquiéter que la Turquie et l’Algérie s’entendent pour en organiser une autre au Sud, chacun d’elles prétendant avoir, malgré les discours diplomatiques, des raisons de se plaindre de l’Europe…
 
Signe de l’importance qu’Alger attachait à ce déplacement du président turc, celui-ci a été salué à son départ par le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, le premier ministre, Abdelmalek Sellal, le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, et le général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire – sans oublier quelques autres membres du gouvernement.