Innocenté, mais puni : un prêtre catholique (trop traditionnel) écarté de sa paroisse par le cardinal Cupich à Chicago

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Le P. Frank Phillips, fondateur des chanoines réguliers de Saint-Jean-de-Kenty, ne retournera pas dans sa paroisse ni même dans son ordre religieux. Ainsi en a décidé le cardinal Blaise Cupich, nommé cardinal de Chicago en 2016, qui a ajouté foi à des accusations selon lesquelles ce prêtre catholique d’esprit sans doute trop traditionnel s’était rendu coupable d’inconduite avec des hommes adultes. Alors que le prêtre vient d’être totalement innocenté au terme d’une enquête indépendante, le cardinal a maintenu les sanctions : le P. Phillips se voit interdire tout ministère public. Pour ses paroissiens, le succès de son ordre traditionaliste peut seul expliquer la situation, alors que le cardinal Cupich est connu pour ses prises de position extrêmement libérales.
 
Les accusations avaient conduit au début de l’année à éloigner le prêtre de tout contact avec les fidèles de la paroisse Saint John Cantius de Chicago, sanctions dont les fidèles avaient été informés par la lecture publique d’une lettre du cardinal Cupich à toutes les messes des 17 et 18 mars dernier. La lettre précisait que des « allégations crédibles d’inconduite avec des hommes adultes » avaient été reçues.
 
C’est la communauté du P. Phillips, la congrégation de la Résurrection, qui avait été chargée de mettre en place l’enquête : celle-ci avait été confiée à une commission indépendante, à charge pour celle-ci de transmettre les résultats de ses investigations à l’autorité canonique compétente qui dans ce cas précis, est bien le cardinal Cupich.
 

Le cardinal Cupich de Chicago maintient des sanctions contre un prêtre innocenté d’inconduite avec des adultes

 
Le dossier a été clos le 26 mai dernier, la commission ayant été convaincue, au terme de centaines d’heures de témoignages, d’auditions des accusateurs et de personnes qui les connaissaient, mais aussi des défenseurs du prêtre, que le P. Phillips n’avait violé aucune loi civile ou pénale, et pas non plus la loi canonique. Les conclusions avaient été validées par le supérieur provincial de la congrégation de la Résurrection, le P. Gene Szarek.
 
Les nombreux soutiens du P. Phillips au sein de sa paroisse attendaient avec impatience son retour ; ces espoirs ont été déçus par une lettre du 24 juin signée dudit provincial affirmant publiquement par le biais du site de Saint-John-Cantius que l’archidiocèse a décidé de tenir le prêtre à l’écart. L’archidiocèse n’a pas répondu à une question de LifeSiteNews demandant des éclaircissements.
 
Un blogueur de la paroisse, Oakes Spalding, a fait remarquer que la paroisse de Saint-Jean-de-Kenty à Chicago a redonné vie à une église qui était naguère vouée à la destruction : après l’arrivée du P. Phillips et grâce à son orientation traditionaliste, la paroisse est aujourd’hui l’une des plus florissantes de la mégapole. Décision « politique », assure Spalding, pour qui la décision n’avait pas été prise du seul fait du cardinal Cupich mais a été motivé par la haine d’autres « ennemis » du prêtre.
 

Le P. Frank Phillips puni – parce qu’il est un prêtre catholique traditionnel ?

 
S’il est impossible de juger des ressorts cachés de cette affaire, comme l’observe Steve Skojec sur OnePeterFive, on sait cependant à quel point le cardinal Cupich est hostile à l’égard de la liturgie traditionnelle, de telle sorte qu’à son arrivée, la seule question était de savoir à quel moment il agirait contre cette paroisse de Chicago.
 
Selon Mgr Henry Gracida, le caractère public de la sanction prise à l’encontre du P. Phillips est « troublant ». L’inconduite sexuelle, que ce soit avec un homme ou une femme adulte, ne demande pas la même réponse que l’abus de mineurs, réponse que la Charte de Dallas veut « rapide et brutale » et aussi publique. « Dans le cas d’adultes, ce type de mesure n’est non seulement pas exigé mais n’est même pas recommandé parce qu’il en résulte le scandale des plus petits. On suspend plutôt le prêtre et on l’écarte discrètement de sa charge, sans qu’aucune annonce publique de l’ordinaire ne s’impose, il suffit d’une simple lettre discrète aux paroissiens », souligne ce prélat.
 
Il est vrai qu’en 2002, Mgr Blaise Cupich, alors évêque de Rapid City dans le Dakota du Sud, avait fermé à clef une église pour empêcher que les paroissiens puissent y suivre le Triduum pascal selon le rite traditionnel. Cupich défendait son geste en expliquant qu’il cherchait une occasion pour que « tous puissent rendre le culte ensemble dans un moment d’unité en tant qu’Eglise catholique ». L’office du Vendredi-Saint avait été célébré sur le trottoir à côté de l’église cette année-là.
 

Jeanne Smits