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La primaire de droite et l’Union européenne

Primaire droite Union européenne

Bruno Le Maire et Alain Juppé le 9 décembre 2015 à Limoges.


 
Les principaux candidats à la primaire de la droite ont appelé lundi à une régénération du projet européen, estimant que l’Union européenne se trouve aujourd’hui dans l’impasse. A l’occasion de l’anniversaire du discours fondateur de Robert Schuman, le 9 mai 1950, tous semblent déplorer le blocage de ce qui fut le « moteur » franco-allemand, et estiment nécessaire de recentrer l’Europe sur ce qu’Alain Juppé, toujours favori des sondages non de la droite mais des Français, appelle son « noyau dur ».
 
Les discours des principaux candidats sont à peu près similaires. Bruno Le Maire demande l’organisation d’un referendum en France afin de « refermer la blessure de 2005 ». Nicolas Sarkozy appelle, une nouvelle fois, à l’adoption d’un « traité de refondation » pour « changer les compétences des institutions communautaires et leur fonctionnement ».
 

La primaire de droite et la question européenne

 
François Fillon, de son côté, pense que « l’Europe est en train d’aller droit dans le mur », et souhaite que l’Union européenne « laisse aux Etats la vie quotidienne et qu’elle s’occupe de sujets que les Etats ne peuvent régler à sa place ».
 
Quant à Alain Juppé, il regrette que « la France manque à son rôle européen historique ». « Elle commente, elle critique, et finalement, elle suit et elle subit, estime-t-il. Malgré la foi européenne d’Angela Merkel et sa science de la navigation, l’Allemagne ne peut ni ne veut être seule à la barre de l’énorme vaisseau. Et l’Europe dérive », écrit l’ancien premier ministre qui lance un appel à « l’Europe debout ! »
 
L’« angoisse identitaire », selon l’expression d’Alain Juppé, est présente dans l’ensemble de ces propos. Et c’est bien le seul point sur lequel ces principaux candidats à la primaire semblent en accord non seulement entre eux, mais avec les Français.
 
Certes, certaines de leurs expressions, dont la sincérité serait encore à vérifier, ont des accents qui parlent au cœur de nos compatriotes. Mais ils évitent soigneusement d’en préciser l’origine de cette crise de confiance, qu’ils préfèrent situer à l’extérieur du principe européen lui-même.
 

L’Union européenne bouleverse l’approche électorale

 
Ainsi François Fillon affirme-t-il : « Le délitement du rêve européen, ce rêve né sur les ruines de la guerre, est à l’œuvre, et à aucun moment je ne vois le président Hollande se lever pour enrayer cette machine infernale qui va nous péter à la figure. Et pourtant, il devrait se lever pour tout repenser. »
 
Le constat est certes exact : l’actuelle construction européenne se délite, mais parce qu’elle a été envisagée comme une super-structure écrasant les peuples, alors que, a minima, elle aurait dû, au contraire, les fédérer.
 
Il ne faudrait pas croire pour autant que ces candidats se détachent de l’Union européenne. Craignant qu’elle n’explose, ils entendent simplement la faire repartir sur d’autres bases. Et puis ils savent tenir compte de la grogne généralisée, en France comme ailleurs, des électeurs contre la machine bruxelloise…
 

François le Luc

 
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