Le site d’information grand public Slate publiait début octobre cet article qui a le mérite de dire clairement la pensée de ceux qui prétendent protéger la Terre : « Pour sauver la planète, il faut réduire la population mondiale de moitié. » Ah, ce ne serait pas pour tout de suite, il suffirait d’attendre l’an 2200. Le résultat, selon des scientifiques partisans de cette idée, serait de limiter « la pression exercée sur les ressources ». En clair, c’est l’homme qui est l’ennemi de la nature.
Slate cite ainsi une étude publiée en mars dans la revue Environmental Research Letters pour contredire, en quelque sorte, un autre fait rapporté qui a déjoué toutes les prédictions depuis Malthus jusqu’à Paul Ehrlich qui annonçait la famine généralisée pour les années 1980 : la quantité de nourriture produite par habitant est à son plus haut niveau jamais enregistré. Mais ce serait au prix d’une dynamique qui se serait inversée au début des années 1960, en raison d’un contexte de raréfaction des ressources. Comme toujours, on exclut d’emblée tout recours à d’autres formes de ressources, toutes nouvelles découvertes comme celles qui ont permis de mieux nourrir 8 milliards d’hommes en 2026 qu’1,7 milliard en 1900.
Réduire la population mondiale de moitié pour « sauver la planète »
La « solution » proposée par ces anti-humains est exposée de manière détaillée dans l’article publié par Sustainable Development, journal scientifique (ce qui ne veut pas dire que la « science » présentée est juste) interdisciplinaire sur le « développement durable ». Cette revue touche, à en croire ses responsables, de nombreux « décideurs politiques » à tous les niveaux de gouvernement et dans les ONG, ainsi que les décideurs dans le monde des affaires, les universitaires et chercheurs, les scientifiques et les ingénieurs. Bref, elle revendique une grande influence qui est au fond confirmé par la répercussion de l’article sur un site comme Slate.
Les auteurs Marc Keegan, Anastasia Pseiridis et autres de ce papier publié le 26 juillet dernier insistent sur ce qu’ils jugent être l’incapacité de la Terre à faire vivre un nombre croissant d’êtres humains – notre nombre a quadruplé depuis le début du XXe siècle – qui portent atteinte à la biodiversité, émettent du CO2, consomment de l’énergie, laissent une empreinte écologique croissante, épuisent les réserves d’eau douce et de minerais, sans compter la production de produits plastiques, l’utilisation de pesticides, dans une corrélation quasi parfaite entre l’augmentation de la population et ses différents facteurs. Ils écrivent :
« Ces corrélations étroites sont le résultat d’une causalité évidente. Les problèmes environnementaux mondiaux sont causés par les êtres humains, et par rien d’autre. Plus nous sommes nombreux, plus nos besoins économiques globaux sont importants et plus les problèmes environnementaux qui en découlent sont graves. Plus la population est importante, plus la consommation totale d’énergie par les individus est élevée, plus les émissions de CO2 provenant de nos moteurs à combustibles fossiles sont importantes, et plus la perte d’habitats naturels et de biodiversité est importante à mesure que nous accaparons des terres pour l’agriculture, les constructions, les routes, etc. Plus la population est nombreuse, plus la consommation d’eau douce est importante, plus l’extraction de minéraux est importante, et plus la pollution par les pesticides et les plastiques est importante. »
L’article présente évidemment une vision catastrophique de la situation qui mettrait non seulement la planète, mais aussi l’humanité dans une « position des plus précaires ».
Réduire la population mondiale de moitié en laissant faire la culture de mort
Comment y remédier ? En faisant baisser la fertilité humaine de manière volontaire pour arriver aux prédictions démographiques les plus basses présentées par l’ONU, répondent les auteurs. Alors que l’effondrement de la population et de la natalité est un fait déjà constaté dans de nombreux pays – un fait des plus inquiétants dans la mesure où le déclin démographique va de pair avec de multiples problèmes frappant chacun – les écologistes en position de pouvoir ne rêvent que de l’aggraver.
L’article de Sustained Development l’exprime ainsi :
« Il serait préférable de parvenir au scénario de faible fécondité de l’ONU plutôt que de se contenter de ses scénarios de fécondité moyenne ou élevée. Il serait encore mieux d’atteindre rapidement un taux de fécondité mondial nettement inférieur au seuil de renouvellement des générations, comme dans le scénario “Fastest” de l’IHME [Institute for Health Metrics and Evaluation] évoqué plus haut.
« De nombreuses données indiquent que cet objectif pourrait être atteint rapidement et sans contrainte, en répondant aux besoins non satisfaits des femmes et des couples en matière de services de santé reproductive et en améliorant les possibilités d’éducation des filles, en particulier dans les pays les plus pauvres (Hardee et al. 2014). Au cours des 25 dernières années, la fécondité totale mondiale est passée de 2,75 à 2,25 (UNDESA 2025). Si cette baisse se poursuit pendant encore 25 ans, nous atteindrons une moyenne mondiale de 1,75 enfant par femme. Nous progressons déjà lentement vers ce taux grâce à la somme des choix de milliards d’individus ; cette évolution pourrait être accélérée par des politiques et un soutien appropriés, sans caractère coercitif. La plupart des régions du monde ont déjà atteint cet objectif et continuent de prospérer. La liste comprend la Chine (TFR de 0,999 en 2023), le Japon (1,21), l’Europe, l’Amérique du Nord (une désignation de l’ONU, n’incluant pas l’Amérique centrale), l’Australie et la Nouvelle-Zélande (1,48), ainsi que l’Amérique du Sud (1,71 ; toutes les données proviennent de l’UNDESA 2024). »
On comprend tout de suite où ils veulent en venir : multiplier les services de santé reproductive, ce qui, dans le langage codé des institutions internationales, veut dire contraception et avortement ; une élimination de la moitié de l’humanité, mais de mort lente. Ils donnent en exemple des pays qui sont en train de se précipiter vers leur propre disparition, et ils osent présenter l’effondrement de la natalité chinoise comme un exemple. La Chine, avec sa politique communiste de contrôle de la population, continue peut-être de prospérer… mais à quel prix ? Elle cherche d’ailleurs en vain à inverser cette tendance mortifère.
Ceux qui veulent réduire la population mondiale étaient reçus au Vatican en 2017
Hélas, trois fois hélas, trois représentants de ce courant de pensée cités dans l’article, les chercheurs dépopulationnistes Partha Dasgupta, John Bongaarts du Population Council et Paul Ehrlich lui-même, étaient invités en mars 2017 à l’Académie pontificale des sciences pour venir prêcher au cœur du Vatican, et à huis-clos, le contrôle de la population et la baisse du niveau de vie pour contrer, entre guillemets, « l’extinction biologique ».
C’est dire que ces mensonges circulent partout, et même là où on aimerait les attendre le moins. Il s’agit là de graves erreurs à réparer, de mensonges à contrer, et explicitement, d’autant qu’ils contreviennent au premier commandement donné à l’humanité : « Croissez et multipliez. » La terre a été faite pour l’homme et l’homme est fait pour Dieu.











