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Retraite complémentaire : le MEDEF refuse d’augmenter les cotisations

Retraite complémentaire : le MEDEF refuse d’augmenter les cotisations
 
Après plusieurs semaines de négociations improductives entre les partenaires sociaux sur l’avenir des retraites complémentaires des salariés du privé, le MEDEF a modifié certaines de ses propositions. Mais ces concessions demeurent limitées, notamment en ce qui concerne les cotisations que les patrons refusent toujours d’augmenter. Si bien que les observateurs restaient dubitatifs quant à la possibilité d’aboutir à quelque résultat lors de la prochaine réunion qui doit se tenir dès lundi.
 
Parmi les points de crispations qui demeurent, le projet d’accord transmis vendredi aux responsables des syndicats exclut toujours de recourir, comme le demandent ces derniers, à une augmentation des cotisations pour redresser les comptes des caisses Arrco et Agirc. Même si le MEDEF n’en paraît pas persuadé, ce point de désaccord pourrait suffire à provoquer un nouvel échec des négociations la semaine prochaine.
 

Le MEDEF ne veut pas augmenter les cotisations des systèmes de retraite complémentaire

 
Cependant, plusieurs propositions qui avaient été vivement contestées au cours des multiples réunions par les organisations syndicales disparaissent, telle la baisse à 55 % (au lieu de 60 %) du taux de pension de réversion versée aux conjoints de retraités décédés. Par ailleurs, son versement pourrait désormais être conditionné au fait que le conjoint survivant ait atteint l’âge de 55 ans, au lieu de 60 ans dans la version précédente.
 
Autre point d’achoppement qui a disparu, lui aussi, de la nouvelle mouture, la réduction du nombre de points de retraite attribués aux chômeurs.
 
En revanche, le MEDEF maintient une proposition qu’il juge importante : celle d’inciter les cotisants bénéficiant d’une pension à taux plein du régime de base avant 67 ans à retarder leur départ à la retraite. Une incitation pécuniaire par le biais d’un système d’abattement progressifs et temporaires sur l’allocation Agirc-Arrco. Ainsi ceux qui, ayant atteint leur droit à la retraite pleine, partiraient avant 67 ans (60 ans pour ceux ayant commencé à travailler tôt) ne toucheraient, pendant les trois premières années, qu’une partie de la retraite complémentaire avec un abattement de 30 % la première année, 20 % la deuxième et 10 % la troisième.
 
En faisant le détail des différentes mesures proposées désormais, le patronat estime qu’elles permettront de faire 6,9 milliards d’économies d’ici 2020 – pour un besoin de financement évalué entre 8,4 et 11,2 milliards d’euros. Ce gain serait ensuite de 10,8 milliards d’euros en 2030, et de 14,4 milliards en 2040, année estimée de la fin du déficit pour l’Agirc et l’Arrco, et donc du retour à l’équilibre. Un scénario moins volontariste, moins brutal que dans le précédent projet, où l’équilibre était envisagé dès 2020.
 

Le temps presse…

 
Quoi qu’il en soit, le patronat insiste sur la nécessité d’agir. Si rien n’est fait, les experts estiment généralement que les réserves de l’Agirc (cadres) seront épuisées en 2018, et celles de l’Arrco (salariés du privé) vers 2023-2025.
Ce couperet que la proximité rend inquiétant sera sans aucun doute présent à l’esprit des partenaires sociaux lundi. Néanmoins, les désaccords sont encore trop vifs pour que cette réunion, qui devait être la dernière, permette de tout régler…
 

François le Luc