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Royaume-Uni : des étudiants de l’université SOAS veulent en finir avec les philosophes blancs comme Descartes et Platon

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Le ridicule ne tue décidément plus. Les étudiants d’une prestigieuse université de Londres, la SOAS (School of Oriental and African Studies), réputée faire partie des cinq meilleurs universités du Royaume-Uni, demandent que des philosophes comme Platon, Descartes et Kant ne figurent plus d’emblée au curriculum de philosophie pour la simple raison qu’ils étaient blancs. L’Union estudiantine estime que « la majorité des philosophes étudiés en cours » doivent être d’origine africaine ou asiatique. Et tant pis si Platon, Aristote, Descartes ou Kant sont considérés comme les pères de la philosophie occidentale et de la société civilisée.
 
Là est justement le motif de la demande de l’Union des étudiants de SOAS : ils estiment ces penseurs irrémédiablement liés au colonialisme. Ils veulent « décoloniser » l’université pour de bon, en s’occupant enfin « de l’héritage structurel et épistémologique du colonialisme ». Cela passe évidemment par le gommage quasi total de la pensée européenne.
 
La demande a provoqué des réactions indignées mais qui, signe des temps, ne se sont pas bornés à un gigantesque éclat de rire. Le philosophe britannique Sir Roger Scruton a souligné qu’une telle demande laisse penser que « l’ignorance » se trouve à sa racine. « Vous ne pouvez effacer tout une zone de recherche intellectuelle sans l’avoir examinée et à l’évidence, ils n’ont pas examiné ce qu’ils veulent dire lorsqu’ils parlent de philosophie blanche », a-t-il déclaré au tabloïde The Mail on Sunday : « S’ils pensent qu’il existe un contexte colonial qui a donné naissance à la critique de la raison pure de Kant, je serais heureux de l’apprendre. »
 

Les philosophes blancs Descartes et Platon soupçonnés de colonialisme

 
Mais du côté de l’Union des étudiants de SOAS, l’exigence est on ne peut plus sérieuse. C’est même l’une des « priorités » qu’elle s’est imposée pour cette année académique : il faut prendre à bras-le-corps « l’institution blanche ». Et les « philosophes blancs » ne devraient faire l’objet d’études que dans la mesure où cela est « nécessaire ». En outre, ils ne devraient être enseignés que de manière « critique » : « Par exemple, il faut reconnaître le contexte colonial à l’intérieur duquel écrivait des ainsi nommés “philosophes des Lumières” », disent-ils.
 
S’agissant de Voltaire et des Lumières, il faut reconnaître que la demande n’est pas totalement sotte. Alors que le politiquement correct s’impose au nom des droits de l’homme, mettre en évidence le racisme, la misogynie, l’hostilité aux libertés d’un des grands penseurs d’une Révolution berceau de tous les totalitarismes contemporains pourrait en effet servir à mieux former les esprits. Hélas, il ne s’agit pas ici de promouvoir la vérité mais de contribuer à l’avancement d’un projet politique de rejet de tout ce que représente la civilisation européenne, à travers l’interdiction de toute hiérarchisation des cultures.
 
La responsable du département des religions et des philosophies de la SOAS, Erica Hunter, a indiqué que le point de vue de l’Union était « assez ridicule » : « Je m’opposerai fermement à l’idée de laisser tomber des philosophes ou des historiens pour la seule raison que c’est à la mode. » Mais la mode et puissante.
 

Les étudiants de l’université SOAS ne veulent plus que des philosophes africains et orientaux

 
Ce débat surréaliste s’inscrit dans le cadre d’un projet plus large qui consiste à modifier l’évaluation des universités britanniques pour tenir compte au premier chef de la « satisfaction estudiantine ». Le projet de loi « Higher Education and Research bill », porté par un homme bien blanc et bien blond, Jo Johnson, donnerait aux étudiants un pouvoir démesuré, chacune de leurs demandes, pour farfelues qu’elles soient, pouvant être prises au sérieux tandis que la satisfaction de leurs désirs serait la condition d’un bon classement, lui-même lié aux droits de scolarité auxquels les établissements pourraient prétendre.
 
Ces demandes, largement appuyées sur le politiquement correct, s’expriment à la manière de celle des étudiants de l’Ecole des études africaines et orientales : elles ont déjà été mises en œuvre pour demander des interdictions de conférences, des démantèlements de statues d’hommes blancs et colonialistes et d’institutions de « lieux sûrs » ou les étudiants pourraient ne jamais se sentir agressés.
 

Le Royaume-Uni devient fou du politiquement correct

 
La baronne Wolf, professeur à King’s College London, fait partie des contestataires les plus audibles : elle estime que le projet de loi met directement en cause la valeur académique des universités et leur capacité à défendre la liberté d’expression : « Le critère de la satisfaction des étudiants est formidablement dangereux. La manière de rendre les étudiants heureux est de ne pas leur demander de travailler et de leur donner de bonnes notes. »
 
On suggère aux étudiants de SOAS d’exiger désormais d’être notés en fonction de leur blancheur de peau, avec de beaux « A+ » pour les Soudanais et les Burkinabés et des « E- » pour les Scandinaves, au nom de la revanche sur Aristote !
 

Anne Dolhein