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Le Billet
Le mercato des bouffons rois
Tenus en laisse, Hanouna et Guillon balancent les salaires de l’infotainment

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Dans le foot, les clubs achètent cher les joueurs qui attirent le public lors de ce qu’on nomme le mercato : même chose pour les bouffons qui sont les rois des émissions d’infotainment. Le système tient Cyril Hanouna et Stéphane Guillon par une laisse dorée.
 
Ils appellent ça infotainment, en américain dans le texte. Il s’agit de spectacles télévisés où l’on prétend mêler information et divertissement. Exemple, On n’est pas couché, Salut les Terriens, Touche pas à mon poste, C à vous. Des intervenants multicartes s’y croisent. Ce ne sont pas des journalistes, mais des figures de l’audiovisuel que le public connaît et qui l’attirent. On les nomme chroniqueurs, quoiqu’ils n’écrivent en général pas une ligne. Les chaînes se les attachent dans une sorte de mercato. Après, qu’ils disent je suis Charlie, sortent une vanne, se curent le nez ou condamnent tous les racismes et les phobies, ils passent à la caisse.
 

Les salaires du mercato : Guillon et Hanouna, bouffons de l’infotainment en laisse

 
Et pas pour rien, car ces bouffons sont les rois du Paf, c’est eux qui font l’opinion et la morale, d’un rire, d’un silence, d’un coup de griffe en passant. « L’humoriste » Cyril Hanouna vient de révéler certains cachets, Yann Moix touche 1.500 € à chaque apparition, Christine Bravo 1.200 €, Nabila 400 €, Patrick Cohen 500 €, etc. Mais sa véritable cible est « l’humoriste » Stéphane Guillon, coupable d’avoir attaqué le propriétaire du groupe Canal, Vincent Bolloré, sur C à vous. Or le richissime Hanouna possède une société de production, H2O, qui a passé avec Bolloré un assez joli contrat sur cinq ans.
 
Depuis, les deux bouffons rois, si portés sur le rire et la morale d’ordinaire, se menacent mutuellement à mots couverts de révélations ultérieures sur le mercato. Elles seront bien inutiles. On voit déjà comment le système tient l’opinion par l’infotainment, en donnant une position d’autorité morale et politique à des valets qu’il tient en laisse avec des fortunes dont ils ne peuvent se passer.
 

Pauline Mille