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Castille : Podemos et le parti socialiste demandent la suspension du Concordat entre l’Espagne et le Vatican

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Le secrétaire général du parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Pablo Sanchez, le 22 janvier.


 
Pour le mouvement d’extrême gauche populiste Podemos et le parti socialiste espagnol (PSOE), l’ennemi à abattre, c’est Eglise. C’est ce qui ressort des débats en cours sur le budget 2016 du gouvernement autonome de Castille-La Mancha, où les deux partis ont déjà imposé au cours des négociations, mardi, le gel des fonds publics alloués aux écoles sous contrat espagnoles, catholiques dans leur immense majorité, et l’arrêt des subventions pour les aumôneries dans les établissements de santé publics. Plus généralement, Podemos et le PSOE ont demandé qu’une proposition « non de loi » (qui demande à l’exécutif de prendre une décision non dictée par une loi) soit présentée au gouvernement de l’Espagne en vue de suspendre le Concordat avec le Vatican.
 
Le Concordat oblige notamment les pouvoirs publics espagnols à assumer le coût des aumôneries catholiques dans les hôpitaux.
 

Podemos impose l’anticléricalisme en Castille avec la complicité du Parti socialiste

 
Cette nouvelle démarche anticléricale de Podemos s’ajoute à celle entreprise en Andalousie pour exproprier l’Eglise catholique de nombre de ses bâtiments et de ses lieux de culte.
 
Le poids de Podemos s’accroît ainsi en Espagne, avec des effets visibles sur les nouvelles orientations politiques régionales. L’ensemble du budget en cours de négociation est fortement teinté par les exigences du mouvement de Pablo Iglesias : en forte augmentation malgré la crise (+ 2,6 %), fixé à 8,4 milliards d’euros, il sera consacré pour 70 % aux « dépenses sociales », avec embauches de fonctionnaires à la clef et un poste important pour les « urgences sociales ».
 

Pressions au sein de l’Espagne pour la suspension du Concordat avec le Vatican

 
Les négociations entre Podemos et le PSOE ont ainsi abouti à un accord présenté par le président socialiste de Castilla-La Mancha, Emiliano Garcia-Page, et les leaders de ces mouvements : il devrait permettre l’adoption rapide du budget. Garcia-Page a remercié Podemos pour s’être « d’emblée engagé pour le changement », en disant très clairement « que l’objectif n’était pas de revenir à ce que faisait le PSOE il y a cinq ans ». Il a également souligné que ce n’est pas ce budget-là que le PSOE aurait présenté seul.
 
De son côté le leader régional de Podemos, José Garcia Molina, a regretté de ne pouvoir éliminer tout à fait les subventions publiques à des œuvres d’Eglise en raison du Concordat, raison pour laquelle l’ensemble de la gauche dans la région autonome a demandé sa suspension pour le pays tout entier.
 

Anne Dolhein