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Theresa May persiste et signe : le Brexit sera déclenché dans 15 jours malgré les Lords

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Le Premier ministre du Royaume-Uni ne se laisse pas impressionner par sa défaite parlementaire à propos du dossier du Brexit. Le vote des Lords approuvant la modification de l’acte de déclenchement de l’article 50 du traité de l’Union européenne, par l’adoption d’un amendement visant à garantir les droits des citoyens de l’UE vivant au Royaume-Uni, ne la conduira pas à changer son agenda : c’est bien dans 15 jours que Theresa May entend déclencher les procédures de sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne.
 
Le chemin du Brexit est semé d’embûches. C’est une plainte judiciaire privée qui a contraint Theresa May à porter le projet devant les élus du Royaume-Uni, alors que le principe de la sortie du Royaume-Uni de l’UE a été clairement approuvé par référendum. La chambre des Lords, à l’inverse des Communes, tente d’infléchir le vote et de contredire ainsi la volonté populaire alors que le vote positif pour le Brexit a été fortement motivé par le rejet d’une immigration très importante depuis les pays de l’Est membres de l’Union.
 
Pis : parmi les 358 votants en faveur de l’amendement (contre 256), il s’est trouvé sept Lords « Tories », membre du parti conservateur de Theresa May.
 

Theresa May déclenchera le Brexit en temps et en heure

 
Celle-ci a indiqué avoir confiance de voir l’amendement rejeté lorsque le texte repassera devant les Communes dans peu de temps, tandis que Downing Street a officiellement confirmé que le compte à rebours du Brexit « reste inchangé ».
 
Reste que la défaite du gouvernement devant les Lords aura été importante. Tellement importante que certains commentateurs prévoient une rébellion de certains parlementaires conservateurs lors du nouveau passage de la loi sur le déclenchement de l’article 50, alors que celle-ci avait été adoptée sans difficulté lors de la première lecture. Le vote de l’amendement par les Lords a été dénoncé comme une « posture » dépourvue de sens qui « dessert l’intérêt national ».
 
Devant les Communes, la discipline de vote devra cependant jouer ; on s’attend à ce que seule une poignée de Tories vote pour l’amendement des Pairs.
 
Amendement introduit par les Lords travaillistes : ils ont pu compter sur le soutien des libéraux démocrates et de quelques conservateurs pour demander que des propositions ministérielles soient faites en vue d’assurer le respect des droits des citoyens de l’Union européenne vivant déjà au Royaume-Uni, et ce dans les trois mois du déclenchement de l’article 50. L’attitude des travaillistes devant les Communes pourrait du coup changer. Jeremy Corbyn avait ordonné le vote du texte sans modification aux Communes lors de la première lecture, mais il a salué l’adoption de l’amendement comme une « excellente nouvelle », ce qui laisse entrevoir un vote des travaillistes de la Chambre en faveur du texte modifié.
 

Les Lords n’ont pas retardé le déclenchement du Brexit

 
Le marathon n’est pas fini puisque les Lords voteront la semaine prochaine à propos d’un autre amendement visant à donner aux élus parlementaires un droit de vote sur le document négocié final, et dont le gouvernement ne veut pas.
 
Theresa May, de son côté, a indiqué vouloir faire protéger les droits des trois millions de citoyens de l’Union européenne vivant déjà au Royaume-Uni, mais à condition que l’UE accorde d’abord des droits réciproques aux 900.000 Britanniques vivant actuellement dans les Etats membres de l’Union.
 
Pour l’heure, le texte des parlementaires, en son état actuel même amendé, ne peut empêcher le déclenchement des négociations le 15 mars, comme le Premier ministre s’y est engagé.
 

Anne Dolhein