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Transhumanisme : la société Humai promet de faire ressusciter les morts grâce à l’intelligence artificielle

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Une capture d’écran de la vidéo de présentation du Human Brain Project. Une simulation du cerveau humain devrait être possible à l’horizon 2023.


 
Ramener les morts à la vie : c’est que promet la société Humai, de Los Angeles en Californie. Ce serait pour dans trente ans, et c’est le plus clair exemple de la folie transhumaniste dont on dispose à ce jour. Humai propose en effet de transplanter le cerveau des personnes décédées dans un corps artificiel – un robot qu’il pourra faire fonctionner comme jadis son corps en chair et en os. Il s’agit bel et bien d’un projet de faire ressusciter les morts par le biais des techniques de l’intelligence artificielle qui sauront restituer la « conscience » des individus.
 

Humai entend ressusciter les morts

 
Humai annonce ainsi vouloir préserver les cerveaux des morts par des techniques de cryoconservation. Pour que le système fonctionne, il faudra que les clients acceptent de voir suivre leur manière de parler et d’agir de leur vivant pendant plusieurs années, ainsi que leurs processus mentaux : toutes informations qui seront consignées dans une micropuce. Une fois les techniques assez développées, le cerveau serait réimplanté dans un robot et en prendrait les commandes par le biais des ondes cérébrales émises par le cerveau. Il serait également préservé du vieillissement et de la corruption par l’utilisation de la nanotechnologie pour réparer les cellules ; les techniques de clonage interviendraient aussi.
 
Effet d’annonce ? Hoax ? Désir de publicité de savants fous qui ne parviendront jamais à réaliser leurs promesses ? Cela est bien possible : sur le plan des « avancées » technologiques, nous sommes en tout cas conditionnés pour croire à peu près n’importe quoi. Hibernatus nous faisait rire ; aujourd’hui il s’annonce sous des formes inquiétantes.
 
Le projet s’appelle « Atom and Eve » et entend prouver que « la mort n’est pas inévitable » : singerie évidente de la Création. Il s’agit de réduire à néant la sentence de mort physique qui pèse sur l’humanité depuis la chute originelle. Et de réduire l’âme humaine à une conscience maintenue « en vie » par la technique. S’il s’agit du projet irréalisable d’un savant fou, il est en tout cas bien cohérent dans son refus de l’ordre de la nature.
 
Ce ne sera ni facile, ni bon marché, a prévenu Josh Bocanegra, fondateur de Humai. « Je n’y pense pas comme à un moyen de combattre la mort. Pour moi, il s’agit de la transformer en option. Personnellement, je ne puis imaginer pourquoi une personne souhaiterait mourir, mais je respecte les désirs de tout le monde », a-t-il expliqué au journal Australian Popular Science.
 

Intelligence artificielle et transhumanisme

 
Ce qui est sûr, c’est que la société Humai veut jouer sur les sentiments des personnes qui ont perdu un être cher pour « vendre » une nouvelle manière de s’en souvenir. « Je ne crois pas que les pierres tombales, les photos, les vidéos ni même nos propres souvenirs soient les meilleurs outils pour se remémorer un défunt. Je crois au contraire qu’un système d’intelligence artificielle simulant votre être cher, et avec lequel vous puissiez interagir par l’écrit et par la voix, est préférable », a déclaré Bocanegra à Serious Wonder.
 
Il faisait référence à un autre projet de Humai, qui cherche à faire revivre, mais virtuellement cette fois, les individus. C’est une application qui est annoncée pour 2017 : elle consiste à créer des profils approfondis correspondant aux membres inscrits qui doivent fournir une quantité importante de données sur leurs manières de parler et d’agir, et bien sûr des exemples multiples de leur voix. L’appli s’appellera « Soul » (âme) et prétend permettre à ceux qui restent d’interagir virtuellement avec leur cher disparu.
 
Interrogé sur le point de savoir si le projet de « résurrection » dans un robot n’était pas moins intéressant que celui d’obtenir une plus grande longévité, voire une forme d’immortalité rêvée par les transhumanistes, Bocanegra a répondu qu’il n’est pas vraiment « impressionné » par les capacités du corps humain. « Notre vue, notre ouïe, notre toucher, etc., sont tous limités. Je crois qu’un corps artificiel à “customiser” va davantage contribuer à l’expérience humaine », a-t-il souligné.
 
Une expérience définitivement engluée dans le matériel, où ces hommes artificiels ne vivraient plus que pour eux, sans capacité de se reproduire… Un vrai rêve d’enfer.
 

Anne Dolhein