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Trump nomme Gorsuch à la Cour suprême : fidélité à la loi, respect de la volonté populaire, morale de vie

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Neil Gorsuch (au centre)


 
Donald Trump a nommé Neil Gorsuch, mardi soir, au siège de la Cour suprême des Etats-Unis laissé vacant par le décès d’Antonin Scalia en février 2016. Cet acte présidentiel était très attendu. La nomination de ce juge très appliqué à interpréter le droit au plus près des principes de la Constitution américaine, restaure ainsi une majorité conservatrice pour une période d’autant plus longue que cet homme n’est âgé que de 49 ans. Et qu’il est par principe nommé à vie. Cette décision exaspère déjà ce mercredi les médias dominants. En France, par exemple, le plumitif de service du quotidien bordelais Sud-Ouest qualifiait cette nomination, dans une première version et par un réflexe pavlovien, de « rétrograde ». A Washington, le sénateur de la gauche radicale Jeff Merkley a fait savoir qu’il tenterait de retarder par la procédure (filibusting) toute nomination par Trump, prétextant que les Républicains ont bloqué depuis un an la nomination de Merrick Garland par Obama. Ce qui au demeurant permet aujourd’hui la nomination de Gorsuch, défenseur de la morale de vie, opposé par exemple à l’euthanasie.
 

Liberté religieuse et port d’armes

 
Natif du Colorado, Gorsuch a constamment arbitré pour la liberté religieuse, note le site Breitbart. En 2014, alors qu’il œuvrait à la cour d’appel fédérale du 10e circuit, qui couvre le centre du pays du Wyoming au Nouveau-Mexique, il avait jugé (« American Atheists v. Duncan ») que le remboursement des contraceptifs par l’« Obamacare » violait l’arrêt de la Cour suprême « Hobby Lobby » permettant à un employeur de refuser de financer la part d’une assurance maladie couvrant les frais de contraceptions. Sa décision s’appuyait sur le principe de la liberté religieuse. Elle avait fait hurler, entre autres, ce grand média nihiliste qu’est le Huffington Post. S’il n’a pas été aussi tranchant sur l’application du Second amendement qui garantit la liberté de porter une arme, il s’est en général prononcé en faveur de ce droit.
 
Comme le juge Scalia, Neil Gorsuch, un épiscopalien, est un défenseur de la liberté des Etats face au Moloch fédéral, appliquant ainsi le sain principe chrétien de la subsidiarité. Il ne suit pas la vieille doctrine qui, s’appuyant sur la compétence constitutionnelle du Congrès concernant le commerce entre les Etats, limite les pouvoirs de ces derniers même lorsque le Congrès n’a pas précisé ces limites. Il partage largement les prises de position de Scalia pour lequel la référence à des lois claires prime sur de vagues « pratiques communes » que les juges peuvent manipuler à volonté en s’appuyant sur les modes et les dérives du moment, explique Nationalreview.
 

Trump veut un juge « qui respecte la Constitution »

 
Trump a annoncé cette nomination capitale, qui va influer sur le droit américain pendant une longue période, devant une foule d’élus et responsables républicains, dans l’aile Est de la Maison Blanche. Le nouveau président a rappelé qu’il avait promis de nommer un juge qui respecte la loi et respecte la Constitution. « Des millions d’électeurs ont estimé que cette question était la plus importante pour eux, je suis un homme de parole qui fait ce qu’il dit, qui fait ce que le peuple américain a demandé à Washington depuis très longtemps », a lancé Trump, relate The Hill.
 
Neil Gorsuch a répondu : « Ici, dans cette maison chargée d’histoire et conscient de mes propres imperfections, je jure que si je suis confirmé (par le Sénat), je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour me comporter en serviteur fidèle de la Constitution et des lois de ce grand pays ».
 

Gorsuch moins clivant que le catholique Pryor, intraitable sur la morale et l’euthanasie

 
Malgré les gesticulations de la gauche et de ses médias, la nomination de Gorsuch apparaît comme moins clivante que celle du catholique sudiste Bill Pryor, souhaitée par les plus conservateurs. Les positions de ce dernier sur l’avortement et les droits des homosexuels, intraitable sur la morale, eussent rendu une procédure d’obstruction au Sénat quasi-inévitable, selon les observateurs. Pour autant, Gorsuch va poser de gros problèmes aux lobbyistes de la gauche nihiliste. Le New York Times rappelle que, dans un article publié par National Review, il dénonçait dès 2005 la stratégie de ces « rebellocrates » jadis dénoncés par Philippe Muray, consistant à s’appuyer sur la justice pour imposer des décisions politiques : « La gauche américaine est devenue dépendante des salles d’audience, comptant sur les juges et les avocats plutôt que sur les électeurs et les urnes pour faire passer leurs priorités sociétales, du mariage gay au suicide assisté, (ou au contraire faire barrage) à l’utilisation de chèque éducation permettant de choisir son école privée ». En 2006, il estimait dans un ouvrage que la loi interdisant l’euthanasie devait être conservée.
 

Respecter la loi issue de la volonté du peuple, contre la manipulation des lobbies

 
In fine, le juge Gorsuch est considéré comme un « originaliste », s’appliquant à une lecture textualiste de la Constitution. Il entend restituer dans sa pureté l’intention première de ses rédacteurs et non l’interprétation subjective qu’on peut en faire de nos jours sous la pression de l’émotion, de l’intérêt matériel et des lobbies. Cette lecture l’a d’ailleurs amené à ne pas toujours décider dans le seul sens conservateur. Il expliquait encore : « Une pratique assidue des textes, de leur structure et de leur histoire est essentielle pour assurer un exercice honnête de la fonction judiciaire. Pour, oui, que les juges aient pour fonction de dire la loi telle qu’elle est en utilisant les outils traditionnels d’interprétation, plutôt que de la dire comme ils aimeraient qu’elle soit à la lumière de leurs opinions politiques et en ayant toujours en tête l’enjeu politique du jour ». Un peu plus élaboré que les jugements à l’emporte-pièce des plumitifs aux ordres du gauchisme sociétal qui vont se déchaîner sur les ondes, comme il se doit.
 

Matthieu Lenoir