Valls promet le retour de la croissance

Valls Promet Croissance
 
La croissance sera de retour en France dans quelques mois. C’est du moins ce qu’a déclaré Manuel Valls au journal espagnol El Mundo. Le premier ministre français promet la croissance ; il pourrait promettre la lune. A l’heure où le nombre des chômeurs explose, c’est strictement la même chose…
 
« Ce que j’attends et ce que je peux dire aux Français, c’est que dans les prochains mois, la croissance sera de nouveau là. » L’affirmation est nette, presque péremptoire. Et, effectivement, Manuel Valls veut espérer que la croissance économique atteindra 1% tout rond en 2015. « Avec plus de croissance, il y aura bien sûr plus de travail et on pourra augmenter les salaires », ajoute-t-il. On verra ! Mais, en tout état de cause, ce sera insuffisant, jugent la plupart des économistes, pour faire baisser le chômage.
 
Effectivement, le PIB français a progressé de 0,3% entre juin et septembre, soit la plus forte hausse depuis plus d’un an. En outre, la baisse de l’euro, celle des taux d’intérêt, et la chute des prix du pétrole donnent au gouvernement l’espoir que la situation se révèlera plus favorable et efficace que sa politique économique.
 

Valls promet des difficultés

 
Une hirondelle, pourtant, ne fait pas le printemps. Et Manuel Valls admet, en répondant aux Espagnols, que plusieurs années d’efforts seront encore nécessaires pour redresser l’économie française. « Je ne veux pas dire aux Français que dans deux à trois ans les sacrifices seront terminés. »
Et il précise : « Nous devons faire des efforts pendant des années pour que la France soit plus forte, pour que ses entreprises soient plus compétitives et pour que son secteur public soit plus efficace, avec moins de coûts et moins d’impôts. »
 
Des années ? Il n’est pas sûr que les Français en supportent autant. Ni même les socialistes…
 
Quant à la division de la gauche sur sa politique, justement, il ne veut pas en entendre parler : « Je ne me lève pas chaque matin en me demandant si je suis de gauche ou si je suis socialiste. Ce que je me demande chaque matin c’est si ma politique est efficace. »
 

On veut du pain, pas des chiffres de la croissance

 
Les Français, en revanche, ne se demandent pas chaque matin si les chiffres de la croissance sont meilleurs, mais s’ils vont pouvoir payer leur pain. Et il n’est pas sûr qu’ils fassent confiance à Manuel Valls pour cela. Les mesures prises en faveur de la croissance, le couplet austérité dont Bruxelles nous rebat les oreilles, leur permettent-ils d’acheter leur pain ?
 
El Mundo a fait de Manuel Valls, « l’Espagnol qui veut changer la France », l’homme de l’année. On le leur cède volontiers…