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Le Vatican, Poutine et la diplomatie

Le Vatican, Poutine et la diplomatie
 
La seconde rencontre de Vladimir Poutine avec le pape François pourrait sans doute aider à désengorger les relations de plus en plus aigres-douces que le patron du Kremlin entretient avec les Occidentaux – et notamment les Européens – à propos de l’Ukraine. La diplomatie aidant, le Vatican serait même prêt à envisager une visite du pape à Moscou.
 
A Rome, où il rencontrait aussi les autorités italiennes, le président russe aura plaidé, mercredi, sa cause auprès du pape François qui lui a manifestement prêté une oreille attentive. En allant jusqu’à évoquer la possibilité de lui rendre sa visite chez lui. Si, bien sûr, l’influence du patron du Kremlin est suffisamment grande auprès du patriarcat de Moscou. Il faut aussi que le président russe envisage de prêter sérieusement son concours à la paix en Ukraine, en soutenant les divers accords déjà signés.
 

Le président Poutine au Vatican

 
Pour Vladimir Poutine, le soutien du pape revêt une certaine importance. Il pourrait lui permettre d’exorciser le spectre d’une nouvelle guerre froide avec l’Ouest.
 
D’autant que le pape cherche aussi à obtenir une certaine aide de Vladimir Poutine en Orient. Pour l’heure, en effet, la première crainte du Souverain Pontife n’est ni russe, ni orthodoxe, mais bien islamique. Or, dans ce dossier, l’influence du Kremlin est loin d’être négligeable, du moins dans un certain nombre des pays où les chrétiens sont aujourd’hui persécutés, ou, à tout le moins, traités comme des parias.
 
Une position qui est donc bien plus diplomatique que les réactions épidermiques de Européens, et notamment des Français, pour lesquels, dans le cas de la Syrie par exemple, ni le président Assad, ni les rebelles islamistes, ne sauraient constituer un interlocuteur valable. La coalition internationale se retrouverait donc face à un mur…
 
Et, pour le Saint-Siège, l’urgence consiste aujourd’hui à sauver les hommes que sont, aussi, les chrétiens d’Orient.
 

Diplomatie ou… diplomatie ?

 
Ce n’est donc pas parce que Vladimir Poutine se voit désormais privé de G8 – ce qui n’a pas l’air de l’affecter outre mesure… – que ses cartes sont brouillées. Au contraire !
 
Ainsi, en Italie, il a manifestement marqué plus de points que s’il s’était rendu en Bavière, pour entendre Barack Obama (qui sait à l’occasion se rappeler l’intérêt économique que peut représenter la Russie pour son pays) l’accuser de vouloir ressusciter l’URSS.
 
Et puis, il a toujours dans sa manche le joker grec. Les Européens, en effet, à force de braquer le premier ministre grec Alexis Tsipras sur la façon de diriger son pays – à coups d’austérité, bien sûr – pourrait bien le pousser, alors qu’il prête une attention marquée aux propositions d’aides économiques de Moscou, à franchir le pas.
 
Angela Merkel, qui est plus fine mouche que certaines de ses observations à l’emporte-pièce pourraient parfois le laisser supposer, l’a bien compris, qui s’essaye à donner à ses pairs européens des leçons – des propositions au moins – de réalisme.
 
Sans grand succès à l’heure actuelle…
 

François le Luc