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COMEDIE
Venise sous la neige ♥


 
Venise sous la neige est une comédie française d’aujourd’hui. Elle est plutôt au-dessus de la norme, catastrophique, de ce qui est produit industriellement en France avec nos impôts – et ce à perte évidemment. Elle n’est pas trop vulgaire et, selon nous car nous avons bien conscience de la grande difficulté, suivant les caractères et sensibilités des spectateurs, à juger des effets des saillies comiques, parfois drôle et plaisante d’un bout à l’autre. Le spectateur ne s’ennuie pas. Le film est une adaptation d’une pièce de théâtre de boulevards à succès. Le choix a été fait de la vraie transcription : ce qui fonctionne sur une scène de théâtre est parfois moins efficace dans le mode d’expression du cinéma, plus sobre, au débit plus lent, avec un ton qui se veut réaliste, correspondant à des situations réelles ou du moins crédible. Venise sous la neige se veut l’histoire réelle qui a inspiré la pièce, ce qui permet avec une illustration d’extraits de scènes jouées au théâtre en fin de film de mesurer ce décalage de ton et de jeu. La pièce, jouée au théâtre, doit être plus drôle que le film du reste.
 
Venise sous la neige est l’histoire d’un auteur dramatique, au talent prononcé pour le genre comique, qui tient mordicus, depuis une décennie, à écrire et monter des pièces tragiques qui se veulent profondes. Il en résulte des sentences absurdes comme « Nous sommes tous des éleveurs de dindons », qui se veulent lourdes de sens, dans la lignée de Ionesco, et ne sont qu’absurdes. Ionesco tient d’ailleurs de l’imposture selon nous, et l’imiter ne conduit donc qu’à des impasses. Le public ne s’y trompe pas complètement d’ailleurs, et déserte ces pièces. Aussi les théâtres finissent par ne plus vouloir de ces sujets-là. Les cinq premières minutes du film sont les plus drôles, avec une illustration de l’absurdité de telles pièces et un échantillon du public très clairsemé qui s’y rend et ne suit même pas le spectacle, entre un gras retraité qui ronfle fort et une étudiante pianotant sur sa tablette lumineuse, et ailleurs aussi.
 

Venise sous la neige,une comédie vraiment plaisante

 
Cet auteur va donc courir après une subvention, pour monter une de ses pièces. Il a l’idée de retrouver un ami de faculté, perdu de vue, mais sous-directeur d’une fondation privée de soutien au théâtre. Cette amitié retrouvée subitement est évidemment intéressée, et en fait, petite surprise narrative, des deux côtés. Cette rencontre sera compliquée par les interventions des compagnes, l’une, coiffeuse, voulant être actrice, l’autre, actrice, de fort mauvaise humeur, feignant d’être une étrangère ne comprenant rien à la conversation, une « chouvène ». L’auteur en devient inquiet : et si les hôtes, très mauvais géographes, se rendaient quand même compte à la longue de la non-existence de la Chouvénie, capitale Chougrad, et se vexaient ? Il perdrait sa subvention…
 
Nous avons trouvé, dans son ensemble, à défaut d’être hilarante, en Venise sous la neige une comédie vraiment plaisante.
 

Hector JOVIEN

 
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