Violences : les juifs de l’extrême droite

Violences juifs extrême droite
 
David Perrotin, journaliste pour Buzzfeed, un site d’infos sur internet, a été molesté jeudi par des militants présents à un rassemblement auquel participait notamment la Ligue de défense juive (LDJ) devant les locaux de l’AFP. Une agression, une violence dont la LDJ est réputée coutumière, et qui la fait dénoncer une nouvelle fois comme une organisation d’extrême droite.
 
L’Organisation juive européenne (OJE), qui avait appelé à protester devant les locaux de l’AFP contre « la désinformation des médias sur Israël », dément tout lien en cette affaire avec la LDJ, qui se serait agrégée d’elle-même à la manifestation, au cours de laquelle quelque cent à deux cents personnes ont dénoncé « la propagande et l’idéologie » qui tiendrait lieu, selon eux, d’information, au sein d’un certain nombre de media, dans la couverture des événements en Israël et dans les territoires occupés.
 

La violences et les juifs

 
David Perrotin affirme avoir été reconnu, en fin de manifestation, par une femme qui aurait alerté les membres de la FDJ. On ne savait pas qu’il fut si connu !
 
« Je me suis alors dirigé vers un camion de CRS garé dans une rue adjacente, raconte-t-il. Et j’ai vu une dizaine de personnes enfiler leurs casques, leurs gants, et se masquer le visage de leurs écharpes. J’ai compris qu’ils s’en prendraient à moi dès que je m’éloignerais de là. Je me suis adressé au chauffeur du car de CRS qui m’a conseillé de rejoindre les policiers postés devant l’entrée de l’AFP. Pendant que je courrais vers l’entrée de l’agence, j’ai entendu leurs insultes “Perrotin, tapette, enculé de journaliste gauchiste”. »
 
Il s’en sortira avec quelques coups – qui, selon la LDJ, auraient pu être donnés, dans la bousculade, par les CRS – et une certaine notoriété compte tenu de son jeune âge, sur certains sites du moins.
 
L’affaire n’a guère d’importance – il en arrive si souvent du même genre. Si ce n’est par les accusations portées contre la LDJ, branche française de création récente de la Jewish Defense League, et dont la dissolution a été demandée à plusieurs reprises.
 

Extrême droite et antisémitisme

 
Ce qui est plus original, c’est que les accusations de violences qui circulent à son sujet, lui valent, entre autres raisons, d’être qualifiée d’extrême droite. Forcément, il n’y a pas de violence à gauche…
 
Mais cela risque de poser quelque problème à l’opinion publique française. Certes, il est déjà arrivé que l’on traite certains juifs d’extrémistes de droite, mais cela concernait des gens habitant bien loin.
 
Or, aujourd’hui, il s’agit de juifs français, ou au moins de juifs vivant en France. Et là, ça devient compliqué, notamment parce que le qualificatif injurieux d’extrême droite s’est forgé en grande partie, chez nous, sur l’antisémitisme.
 
Alors, si aujourd’hui certains juifs sont qualifiés d’extrémistes de droite, certains vont en perdre leur hébreu…
 

François le Luc