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Le canular du dossier de Fusion GPS sur les liens de Trump avec la Russie se retourne contre Clinton et les Démocrates

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Si les grands médias internationaux relaient cette semaine la nouvelle de l’inculpation de deux anciens collaborateurs de la campagne de Donald Trump pour leurs liens supposés avec la Russie – mais dans des affaires sans relation avec la campagne de l’actuel président des Etats-Unis – et d’un troisième ancien collaborateur pour avoir menti aux officiers du FBI en janvier 2017, ils parlent moins de l’effet boomerang du dossier de la société Fusion GPS qui avait fait parler de lui également en janvier dernier. Ce dossier, rédigé par un ancien agent du renseignement britannique, mettait gravement en cause le président Trump nouvellement élu et il a alimenté l’enquête menée par la commission du renseignement du Congrès, avant qu’il s’avère que ses accusations sont invérifiables et manquent singulièrement de sérieux. Ironie du sort, l’affaire Fusion GPS impliquerait plutôt la candidate malheureuse Hillary Clinton et les Démocrates…
 

Le dossier de Fusion GPS sur les liens de Trump avec la Russie commandé par Clinton ?

 
Cette enquête du Congrès est menée en parallèle à celle du conseiller spécial Robert Mueller, chargé par le Procureur général adjoint des Etats-Unis de superviser l’enquête sur les possibles liens entre le gouvernement de la Russie et des individus liés à la campagne présidentielle de Donald Trump. C’est l’enquête supervisée par Robert Mueller qui a conduit aux inculpations annoncées cette semaine. On notera au passage que Robert Mueller est lui-même soupçonné d’avoir, en tant que directeur du FBI, couvert les allégations de corruption visant Hillary Clinton dans l’affaire de la vente de 20 % de l’uranium américain à la Russie et d’avoir fait obstruction à l’enquête du Congrès sur la participation de l’Arabie saoudite aux attaques terroristes du 11 septembre.
 
Or avec deux enquêtes du Congrès sur l’implication d’Hillary Clinton dans l’affaire de l’entreprise d’uranium UraniumOne vendue aux Russes et sur la manière dont l’ancienne candidate à la présidentielle a été protégée par James Comey, le successeur de Robert Mueller à la tête du FBI, dans le cadre du fameux scandale des e-mails, et avec une enquête de la commission du renseignement du Sénat sur la manière dont les responsables de sa campagne présidentielle ont caché qu’ils avaient financé le dossier de Fusion GPS, cela commence à sentir le roussi pour Hillary Clinton. Le dossier de GPS avait bien sûr déjà « fuité » dans les médias avant l’élection, mais un tel document rempli de fautes d’orthographe et de grammaire et aussi d’erreurs factuelles ne pouvait pas faire pencher la balance en faveur de la candidate démocrate.
 

Un dossier qui aurait dû apparaître dans les dépenses de campagne d’Hillary Clinton

 
Accessoirement, en masquant le fait qu’ils avaient commandé et payé ce dossier, le comité de campagne de Clinton et le Comité national démocrate ont enfreint la loi sur le financement des campagnes électorales. On constate à ce sujet un changement de rhétorique chez les Démocrates depuis le 24 octobre, date de publication de nouveaux éléments sur l’achat du rapport de Fusion GPS dans le cadre de la campagne présidentielle d’Hillary Clinton. Désormais ceux-ci expliquent que « la nouvelle direction du Comité national démocrate n’a été impliquée dans aucune prise de décision concernant Fusion GPS ».
 
Tom Pérez, élu à la présidence du comité national en février 2017, ne nie donc plus le rôle joué par la direction précédente du Parti démocrate dans la production du dossier de Fusion GPS. Debbie Wasserman Schulz, la présidente du Comité national démocrate de 2011 à 2016, affirme quant à elle ne pas avoir eu connaissance de l’accord passé entre son parti, le comité de campagne d’Hillary Clinton et la société Fusion GPS.
 
Sans doute les Démocrates n’avaient-ils pas envisagé que leur candidate perdrait les élections et que leurs basses manœuvres leur reviendraient dans la figure…
 

Olivier Bault