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Mgr Victor « Tucho » Manuel Fernandez, inspirateur d’“Amoris laetitia”, lance une attaque contre le cardinal Müller et le cardinal Sarah

Mgr Victor Manuel Fernandez attaque cardinal Müller Amoris laetitia
 
Très proche du souverain pontife, Mgr Victor Manuel Fernandez vient de publier une tribune dans le journal argentin La Nacion pour dénoncer l’attitude du cardinal Sarah et du cardinal Müller qui agissent, selon lui, comme si François n’était pas pape. Recteur de l’université catholique d’Argentine, archevêque « ad personam » par la grâce du pape François, auteur d’un livre sur le baiser intitulé Guéris-moi avec ta bouche, celui qu’on appelle familièrement « Tucho » Fernandez a fortement influencé la rédaction d’Amoris laetitia comme le montre la conformité de ses écrits antérieurs avec les passages les plus controversés de l’exhortation. Il est à 100 % derrière les nouveautés du pape François. En s’en prenant à deux cardinaux connus pour leur classicisme mais qui n’ont jamais qualifié ces enseignements d’inacceptables, fût-ce par le biais de Dubia, le prélat argentin laisse deviner une escalade dans l’entreprise de déstabilisation.
 

Une attaque en règle de Mgr Victor Manuel Fernandez contre les cardinaux Müller et Sarah

 
L’article porte ce titre : « Les interprétations erronées du message du pape. » « Tucho » Fernandez écrit : « On imagine souvent que toute personne ayant quelque rôle dans les institutions catholiques exécute les ordres du pape chaque fois qu’elle parle. Cependant, ce n’est même pas le cas pour les cardinaux du Vatican, puisqu’ils continuent de penser et de parler comme ils en ont envie, comme si François n’était pas pape. » Accusation gravissime s’il en est.
 
C’est nommément qu’il désigne le cardinal Gerhard Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi dont il a été débarqué sans ménagement par le pape, et le cardinal Robert Sarah, toujours préfet de la Congrégation pour le culte divin et de la discipline des sacrements mais flanqué de seconds qui y prennent des décisions qui ne correspondent pas à ses orientations. Müller aurait même dû être destitué plus tôt, suggère Mgr Fernandez.
 
« Ne nous demandions-nous pas souvent par hasard pourquoi le cardinal Müller n’était pas renvoyé, lui qui ne cachait pas adhérer à une ligne très différente de la pensée du pape et qui même le critiquait ? Voyons aussi le cardinal Sarah, qui continue de proposer de recommencer de célébrer la messe dos au peuple. »
 

L’inspirateur d’“Amoris laetitia” aurait débarqué le cardinal Müller plus tôt

 
Curieusement, l’article dans son ensemble semble constituer une défense du droit de chacun de parler comme il l’entend, un responsable catholique n’engageant pas le pape par chacune de ses actions. Ainsi, explique Mgr Fernandez, Mgr Sanchez Sorondo – autre Argentin proche du pape – agit-il seul et sans demander la permission de personne lorsqu’il invite des personnalités controversées – favorables à certaines formes d’euthanasie, à l’avortement, au contrôle de la population – lors de réunions de l’Académie pontificale des sciences, dont il est le chancelier, dans la Cité du Vatican…
 
« Aujourd’hui, avec François, l’Eglise jouit d’une liberté d’expression sans précédent et il n’est pas nécessaire de penser sans cesse à ce que dirait le pape pour pouvoir donner son opinion. Aujourd’hui de nombreux catholiques peuvent traiter de manière irresponsable le pape d’hérétique ou de schismatique, sans que ne serait-ce qu’une demande d’éclaircissement ne leur soit adressée depuis le Vatican. Il y a quelques années à peine nous étions gravement sanctionnés pour beaucoup moins », écrit Mgr Fernandez.
 
Ou l’art d’inverser les rôles, et de manière incohérente qui plus est ! Car comment justifier l’idée que le pape, qui a effectivement « remercié » le cardinal Müller, aurait dû le faire encore plus tôt, si la liberté est à ce point la règle ? Comment oser dire que ceux se font du souci pour l’intégrité de la doctrine catholique jouissent d’une (coupable ?) indulgence du pape, alors que les cas abondent de limogeages, renvois, mises à la retraite de ces « trublions », sans compter les coups de gueule que les familiers de la maison Sainte-Marthe attribuent à François ?
 
Tout le monde parle librement, mais on finit par se demander, narquois, si « Tucho » n’est pas un peu en service commandé.
 

Jeanne Smits