L’OPEP prolonge son accord de réduction la production :
les producteurs de pétrole de schiste aux Etats-Unis se frottent les mains !

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Réunis jeudi à Vienne, les représentants des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et d’autres pays producteurs non membres de l’OPEP, dont la Russie, ont convenu de prolonger de neuf mois, jusqu’à fin mars 2018, leur accord de novembre 2016 sur la réduction de leur production de pétrole. Le but de cet accord est bien entendu de faire remonter les cours du pétrole tombés à moins de 30 dollars le baril pendant l’année 2016. La réduction reconduite jeudi porte sur 1,8 million de barils par jour (bpj), soit environ 2 % de la production mondiale enregistrée en octobre 2016. Si l’accord de l’OPEP avait effectivement permis de faire remonter un peu les cours du pétrole, à plus de 50 dollars le baril, cela a aussi fait les affaires des producteurs de pétrole de schiste aux États-Unis qui ont finalement compensé la majeure partie de la réduction de l’OPEP et des autres pays producteurs de pétrole signataires de l’accord du cartel.
 

Avec le pétrole de schiste, la production des États-Unis compense les réductions décidées par l’OPEP et la Russie

 
L’industrie américaine des schistes était donc la grande absente des discussions dans la capitale autrichienne. Grâce aux avancées technologiques qui permettent d’exploiter toujours plus de gisements à des coûts toujours plus faibles, et aussi grâce à des montages financiers pour la couverture des variations de cours, les producteurs de pétrole de schiste aux Etats-Unis parviennent désormais à assurer la rentabilité de leur production avec des cours de moins de 40 dollars le baril alors que leur seuil de rentabilité dépassait les 60 dollars le baril il y a encore 3 ans. Du coup, l’industrie pétrolière américaine produit en ce moment 9,3 millions de barils de pétrole brut par jour, et devrait atteindre 10 millions au début de 2018, ce qui placera les Etats-Unis quasiment au niveau de la Russie et de l’Arabie saoudite.
 

L’Irak, trublion de l’OPEP

 
L’autre facteur qui pèsera sur les effets de l’accord de jeudi, ce sera l’attitude de l’Irak dont les capacités de production ont beaucoup augmenté, atteignant désormais 5 millions de bpj grâce aux investissements des compagnies pétrolières occidentales. Or l’Irak, pays en guerre, a déjà très mal respecté l’accord de réduction précédent signé en novembre dernier, obligeant l’Arabie saoudite à procéder à des coupes supplémentaires dans sa propre production.
 
L’OPEP, même soutenue par la Russie, n’a plus vraiment la capacité de dicter ses prix.
 

Olivier Bault