Une étude le prouve : la biodiversité végétale croît avec les activités agricoles de l’homme

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Un intéressant article dans The Conversation affirme que lorsque la peste noire a divisé la population européenne par trois ou par deux, la biodiversité, au lieu de progresser, s’est effondrée avec elle. Le site australien qui donne la parole à des universitaires, trouve la chose paradoxale, mais l’est-elle vraiment ? N’est-ce pas plutôt le signe que la nature est faite pour l’homme et que c’est à celui-ci de la faire fructifier ?

De fait, tout jardinier sait que lorsqu’il ne prend pas soin de ses différentes plantes, il y a toujours une espèce plus forte que les autres qui finit par jouer les envahisseurs.

Dans cet article, on est loin des grands discours sur le « rewilding », le fameux « réensauvagement » par lequel on rendrait ses droits à la nature qui dicte nombre de décisions publiques et d’initiatives privées au nom de « l’écologie ».

Christopher Lyon et Jonathan D. Gordon se sont penchés sur l’avant et l’après de la période pandémique, entre 1347 et 1353. Cette pandémie sans exemple a fait des dizaines de millions de morts et a profondément affecté l’économie du temps en raison de la disparition d’une grande partie de la main-d’œuvre, particulièrement dans l’économie agricole. De nombreuses terres cultivées ont été reprises par les forêts et les broussailles. Dans le même temps, la biodiversité végétale a « fortement reculé », expliquent les auteurs.

 

La biodiversité, résultat des activités agricoles de l’homme

Le résultat de la recherche repose sur l’analyse de grains de pollen fossilisés recueillis dans les sédiments des lacs et des tourbières à travers l’Europe.

Pendant toute la période où la population européenne a augmenté, depuis l’Empire romain jusqu’au début du XIVe siècle, la diversité végétale a augmenté avec elle pour atteindre des niveaux maximum au Moyen Age dit « central », soit du XIe au XIVe siècle ; c’était, soit dit en passant, l’apogée de la chrétienté. L’arrivée de la peste a coïncidé avec une chute spectaculaire de la biodiversité végétale et il aura fallu un siècle et demi, la reconstitution de la population ainsi que la reprise de l’agriculture pour qu’elle recommence à progresser. Les chercheurs ont même pu constater que c’est justement là où l’abandon des terres a été le plus fort que la diversité des plantes a le plus régressé, « tandis que les paysages où l’agriculture arable progressait ou restait stable devenaient plus riches en biodiversité ».

« Nos travaux suggèrent que plus de 2.000 ans d’augmentation de la biodiversité en Europe ont été générés grâce aux humains – et non malgré eux », écrivent Lyon et Gordon.

 

Par le « rewilding » l’homme pourrait nuire à la biodiversité

Mais ils précisent, et cela va mieux en le disant, que les systèmes agricoles mixtes étaient alors la norme. Il n’en va pas de même avec les monocultures qui dominent aujourd’hui. Mais ils ne craignent pas d’affirmer que c’est la « perturbation » liée aux activités humaines, multipliant les divers types de cultures et d’occupations des sols dans une agriculture extensive, qui permettait cette floraison de la nature.

Ainsi, alors que l’action de l’homme est accusée d’appauvrir la nature, c’est au contraire son action qui, pendant très longtemps et dans de multiples lieux du monde, précisent les auteurs qui ont poussé leurs études au-delà du cadre européen, a favorisé la multiplicité des espèces.

Le vrai paradoxe est sans doute celui-là : quand l’homme se met à intervenir pour favoriser la biodiversité en s’éliminant en quelque sorte lui-même, il risque fort d’arriver au résultat inverse. Voilà ce qui arrive quand on agit en fonction d’idéologies et non de réalités.

 

Jeanne Smits