En marche vers le paganisme : un guide universitaire sur les droits des arbres

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L’université du Sussex vient de publier une « boîte à outils » pour faciliter l’action politique et législative en faveur des « droits » des arbres. C’est une tendance très présente dans les universités, souligne Wesley Smith pour LifeNews dans une courte analyse de ce guide académique de 186 pages, résultat de trois années de travaux menés par des étudiants en droit environnemental. C’est de la même manière qu’à Harvard on apprend désormais aux étudiants les principes et les stratégies en faveur des droits de la nature.

On est très loin de simples lois de conservation de la nature qui ne sont pas nécessairement sottes ou malfaisantes. Ici, on parle de principes à la fois mystiques et païens : The Rights of Trees, Woodlands and Forests Toolkit, disponible ici, annonce clairement la couleur, avec l’avant-propos d’un professeur qui, précédemment, dirigeait le Parti vert d’Angleterre et du pays de Galles. Tout cela est très officiel et vise à déboucher sur une vraie action politique contre « l’anthropocentrisme ».

 

Le paganisme affirmé du guide sur les droits des arbres

« Au-delà de leur valeur économique et fonctionnelle, de nombreuses croyances considèrent les arbres, les bosquets et les forêts comme des êtres vivants, sacrés et doués d’intelligence. Dans les visions du monde des païens, des Celtes et de nombreux peuples autochtones, les arbres sont des ancêtres, des maîtres et des membres de la famille. Ces visions du monde s’inscrivent dans le mouvement pour les droits de la nature, qui considère la nature non pas comme une propriété, mais comme une communauté vivante dotée de droits », lit-on dans l’introduction du guide.

Cela n’a rien d’anecdotique : il s’agit du dévoilement explicite des véritables racines idéologiques de l’environnementalisme actuel, qui a pour idée-force la mise sur le même plan des différentes espèces, y compris l’espèce humaine. Cette révérence véritablement religieuse face à la nature, à la Terre-Mère ou à Gaïa, n’a rien de surprenant. C’est la spiritualité globale vers laquelle on tend visiblement ou de manière plus discrète jusque dans les institutions internationales les plus puissantes, depuis l’ONU jusqu’au Forum économique mondial.

Le langage du sacré s’introduit aujourd’hui explicitement dans des travaux universitaires, alors même qu’on nous explique que la laïcité ou la neutralité religieuse est un devoir, surtout dans les domaines scientifiques et politiques.

 

Un guide de l’université du Sussex pour la défense des droits des arbres

Mais si les arbres sont nos ancêtres, ou encore mieux, des divinités, on ne peut pas les utiliser sans autre pour les besoins de l’humanité : d’ailleurs le texte prévoit l’interdiction par défaut et des dérogations au cas par cas. Il faudrait au contraire leur accorder ces fameux droits que le guide énumère et dont voici quelques-uns : le droit à l’eau (et non polluée, bien sûr), le droit d’être « restaurés », y compris par la replantation d’arbres, et même le droit d’être « représentés ».

L’idée serait de permettre à n’importe quelle personne ou communauté jugeant que les droits des arbres seraient lésés de les représenter en justice, tout comme les zones boisées et des forêts, avec en outre le droit de participer en leur nom aux institutions de prise de décision à leur sujet ou d’appeler les pouvoirs publics à assurer le respect de leurs droits.

Bien entendu, ce seraient les plus extrémistes des écologistes qui en useraient, mais c’est le but.

Alors que la Chambre des lords britanniques vient de voter la dépénalisation de l’avortement pour les femmes qui y auraient recours jusqu’au terme de leur grossesse, et que le Parlement britannique est saisi d’une loi de légalisation de l’euthanasie, tout est décidément possible. Et c’est bien pour cela qu’il faut prendre au sérieux ce que l’on serait tenté de balayer par le mépris au vu de l’extrémisme d’un tel rapport universitaire.

Oui, il faut oser le mot extrémisme. Selon le guide, il faudrait assurer aux arbres « la mort dans la dignité ». Mais attention, pas de mise à mort volontaire. Le texte affirme le « droit » des arbres « de vivre leur cycle de vie naturel et, lorsque le déclin ou la mort sont inévitables, de mourir sur place dans la dignité, la décomposition étant considérée comme un processus régénérateur qui nourrit les sols, la biodiversité et la croissance future ».

La jeune génération universitaire – la prétendue « élite » de demain – se fait aujourd’hui laver le cerveau avec ce type de balivernes. Le pire, c’est que ces jeunes y croient, qu’ils y collaborent, et que les sceptiques seront demain les ennemis à abattre au nom du droit des arbres à ne l’être pas…

 

Jeanne Smits