Viande bovine et ovine : la production et la consommation déclinent dans l’UE, mais les importations augmentent

Viande production consommation UE
 

Selon les prévisions semestrielles publiées par la Commission européenne, la production de viande devrait continuer de baisser cette année, notamment dans le domaine des produits bovins, alors que les troupeaux diminuent en volume. Le secteur de l’agneau est lui aussi atteint par des chutes importantes. Seul le porc reste stable, à la fois sur le plan de la production et des ventes domestiques.

La hausse des prix et la propagande anti-viande n’y sont sûrement pas pour rien. La production de bœuf et de veau au sein de l’UE devrait chuter de 2 % en 2026 pour atteindre les 6,25 millions de tonnes. La baisse est un peu plus importante que prévu en raison du déclin structurel du nombre de têtes de bovins dans l’ensemble de l’UE, selon les chiffres de la Commission.

La consommation, elle, devrait chuter de 1 % sur la même période, confirmant une tendance déjà assez ancienne. En 2026, on arriverait ainsi à 9,7 kg de viande bovine consommée dans l’UE par personne, contre 12 kg en 2006.

 

La production de viande de l’UE est en déclin

En attendant, il faut importer toujours davantage de viande de bœuf : on prévoit une hausse de 12 % en 2026 pour atteindre les 469.000 tonnes importées. Le Brésil est le grand gagnant, qui représentait 30 % des importations dans le bloc européen entre janvier et mai ; le Royaume-Uni, lui, en fournissait 26 %.

Mais dès septembre, les importations brésiliennes devraient connaître davantage de difficultés alors que la Commission européenne veut mettre en place des restrictions justifié par des soucis quant à la qualité microbienne de la viande.

Les exportations de viande bovine depuis l’Union européenne chutent elles aussi, alors que le marché domestique est de plus en plus tendu, d’autant qu’est prévue une chute de 3 % de la viande disponible sur l’année. Organisée ou pas, la pénurie s’installe doucement.

 

La viande en déclin dans l’UE : les vaches seraient-elles mal vues ?

Pour ce qui est du mouton et de l’agneau, la situation est encore plus serrée, puisque la production européenne devrait chuter de 4 % en 2026 pour atteindre les 478.800 tonnes. Cette baisse s’explique, selon la Commission européenne, par la pression des maladies, de la météo et du déclin structurel des troupeaux. Là encore, même si la demande chute parmi les consommateurs européens, le volume de produits importés devrait augmenter, avec, au bout du compte, compte tenu des exportations et des importations de viande ovine, une chute de 5 % des produits disponibles à l’intérieur du marché européen.

La tendance à la baisse pour la viande ovine et bovine devrait rester d’actualité en 2027, selon la Commission européenne. Son département de l’agriculture et du développement rural prévoit d’ailleurs que la pression se maintiendra sur les prix, tous les facteurs contribuant ainsi à une baisse continue de la production et de la consommation.

 

Anne Dolhein