Royaume-Uni : nouvelle manifestation contre un camp de clandestins à Crowborough

 

Après Piddington, Crowborough, Sussex. Un camp de 350 demandeurs d’asile a été érigé par le gouvernement qui ne se préoccupe pas de permis de construire et autres considérations de ce style. Malgré la forte opposition des habitants, il semble devoir accueillir 190 migrants de plus, rien que des hommes… Une nouvelle manifestation s’est tenue dimanche, sous haute surveillance policière bien que la marche ait accueilli de nombreuses familles ; il y avait beaucoup de femmes et d’enfants.

Les forces de l’ordre de la Sussex Police ont en effet imposé de nouvelles règles, en interdisant notamment toute dissimulation du visage – ce qui a conduit à l’arrestation d’un retraité de 71 ans. Et si les habitants locaux sont sortis en masse, il y avait aussi une contre-manifestation avec ces slogans lénifiants : « les migrants sont les bienvenus », « la gentillesse est notre force » et « plus forts ensemble ».

A Crowborough, on n’en est pas si sûr. Ce sont des soucis de sécurité qui expliquent la réussite de la manifestation, et le réalisme qui a prévalu puisqu’ils se sont estimés en droit de poser des questions face à la présence d’une population désœuvrée de jeunes hommes sans attache et d’une culture très éloignée de celle du Royaume-Uni. Pour la plupart ils sont arrivés illégalement par mer au moyen de méga-dinghies venus de France – près de 35.000 depuis le début de l’année.

 

Les habitants de Crowborough ne veulent pas des clandestins

Le Royaume-Uni a eu beau quitter l’Union européenne, il en va chez les Anglais de même que sur le continent européen. D’un côté, le déploiement des drapeaux nationaux de Saint-Georges et de l’Union Jack, sans compter quelques drapeaux israéliens, est de soi considéré comme suspect. En face, on marche derrière des bannières aux couleurs de l’arc-en-ciel. Ainsi, tout est clair.

La sécession, symbolique certes, des habitants de Piddington, qui ont voté à la quasi-unanimité de quitter le Royaume-Uni alors qu’on attend, sur un ancien camp militaire voisin, plus de 1.250 clandestins devenus demandeurs d’asile et bien plus nombreux que les habitants du village, fait désormais des émules. A ce jour, selon le Daily Mail, près de 500 conseillers locaux à travers la Grande-Bretagne envisagent de suivre leur exemple en proposant des référendums similaires.

Crowborough n’a pas encore fait le pas, mais c’est depuis le mois d’octobre, date à laquelle la transformation d’un camp d’entraînement militaire a été annoncée, que la petite ville se mobilise.

Les cadets en formation dans le camp n’ont à ce jour pas trouvé d’autre lieu d’entraînement. Les habitants de Crowborough ont eu beau poser des questions à tous les niveaux de pouvoir : personne n’a répondu et personne n’a donné d’informations précises, la ministre responsable étant allée jusqu’à dire qu’elle ne savait pas encore si le camp allait accueillir ces migrants, alors que 15 millions de livres sterling d’argent public avaient déjà été dépensées pour sa transformation. Peu à peu, ils ont appris officiellement que le logement des réfugiés serait temporaire, mais c’est par la bande qu’ils ont été avertis de la permanence de la structure qui leur serait réservée.

 

Le Royaume-Uni pratique la préférence étrangère

Les manifestations ont démarré en janvier, lorsque la nouvelle a été confirmée et que les premiers migrants sont arrivés. Elles ont été lancées à l’initiative de Liam Tomsett, père de deux enfants, qui avait d’abord essayé avec un ami d’empêcher les entreprises de travaux d’intervenir sur le site. Le ton étant monté, Tomsett a été arrêté pour agression et possession d’une « arme offensive » (un marteau qui se trouvait dans sa voiture), mais l’affaire s’est arrêtée là et les poursuites ont été abandonnées. Des manifestations ont désormais lieu toutes les semaines.

La colère des Britanniques monte et ne semble pas tomber seulement dans des oreilles de sourds. Ainsi, le conseil de district de Cherwell, dont dépend Piddington, a qualifié le plan d’accueil de plus d’un millier de migrants d’« ambigu » et porteur de risques « évitables », avant de présenter une objection officielle au ministère de l’Intérieur britannique. Il accuse le gouvernement d’avoir proposé un concept qui ne tient pas compte de la nécessité d’avoir un plan clairement établi : « La supposée urgence ne justifie pas de faire courir un risque évitable aux résidents, aux communautés locales ou à l’environnement. » Y compris pour des choses aussi élémentaires que la gestion des eaux usées… Le ton est purement administratif et insiste sur le fait qu’il s’agit aussi de protéger les droits des futurs résidents du camp, notamment face à la curiosité de la presse – ça ne s’invente pas. Mais en attendant, cet avis négatif répond aux demandes des autochtones.

A Crowborough, on fait observer que la valeur des propriétés chute de manière spectaculaire depuis l’annonce de la réquisition du camp. Il devient même quasi impossible de vendre.

 

La manifestation de Crowborough contre les clandestins mobilise femmes et enfants

Les parents, inquiets pour leurs enfants, ne peuvent donc guère envisager de partir alors qu’ils pointent les risques encourus. La commune, très verte, comporte de nombreux chemins à travers bois que les enfants empruntent pour rentrer de l’école, et le principal arrêt de bus de transport scolaire se trouve justement devant le camp.

L’utilisation de l’alcool et des drogues est interdite dans les bâtiments du camp et à l’intérieur de ses limites. Fausse bonne idée : le résultat, c’est que les hommes accueillis sur place sortent pour les consommer. Des habitants de Crowborough attestent sentir la fumée des joints et croiser des réfugiés ivres dans leur village, y compris dans un parc pour enfants. Et ce sont eux qui nettoient souvent derrière les consommateurs d’alcool qui laissent traîner leurs bouteilles et leurs mégots. Ils ont même été obligés de mettre des panneaux pour inviter les « réfugiés » à ne pas uriner en public – ou pire.

Ce qui est tout de même remarquable outre-Manche, c’est que plusieurs journaux à fort tirage couvrent la résistance des habitants de manière plutôt sympathique, et n’hésitent pas à répercuter leurs inquiétudes. Evidemment, cela ne suffit pas, mais les démarches des autochtones font la une des journaux. On en déduira que les pouvoirs publics ne rechignent pas à créer des situations potentiellement explosives.

 

Anne Dolhein