1.250 demandeurs d’asile adultes, mâles et célibataires arrivent ; le village anglais de Piddington veut déclarer son indépendance

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Eglise St Nicholas de Piddington (© Motacilla)

 

C’est ce qu’on appelle la démocratie directe. 175 résidents adultes du petit village de Piddington, dans l’Oxfordshire au Royaume-Uni, ont approuvé le 4 juillet dernier une motion au terme de laquelle ils organiseront un référendum en vue de déclarer l’indépendance de cette paroisse vis-à-vis du Royaume-Uni, rien de moins. Seuls sept habitants ont dit non. Tous les Piddingtoniens ou presque en âge de voter avaient convergé vers la salle municipale pour se faire entendre.

C’est par une écrasante majorité que ces Anglais ont organisé leur protestation surréaliste, ou plutôt leur résistance contre la mise en place d’un camp d’accueil pour demandeurs d’asile, prévu dans un lieu de stockage de l’armée britannique qui jouxte leur territoire. Le camp militaire est mitoyen de plusieurs habitations locales : seules des clôtures les séparent. Il touche en outre directement une aire de jeu doublée d’une réserve naturelle, créée spécialement pour l’agrément et la détente des enfants et des familles : le conseil paroissial y a investi 7.000 livres sterling.

 

Des demandeurs d’asile, hommes, adultes et célibataires cinq fois plus nombreux que les habitants de Piddington

La décision acquise auprès de 96 % des votants traduit à la fois leur irritation et leur inquiétude. Les habitants de Piddington n’ont eu connaissance de ce projet, dont on peut supposer qu’il a tout de même été réfléchi et préparé par les pouvoirs publics (ne serait-ce qu’en raison de son ampleur), qu’il y a quelques semaines. Le plan du gouvernement travailliste prévoit d’héberger dès cet hiver au moins 1.250 clandestins, en majorité adultes, mâles et célibataires âgés de 18 à 65 ans, sur le site à proximité du village qui doit être affecté à cet usage pendant une durée de 10 ans au moins, selon le ministère de l’Intérieur britannique.

A Piddington, on suit l’actualité et on craint pour la valeur des propriétés cossues qu’on y trouve en nombre. Sur place, en moyenne, une maison non mitoyenne y vaut aujourd’hui plus de 700.000 €, mais leur cote pourrait s’effondrer en raison de la proximité du camp. Selon le Daily Express, tabloïde britannique de droite qui évoque une « réaction courageuse », les résidents ont peur aussi de voir des bandes de demandeurs d’asile célibataires et désœuvrés rôder dans le village, au détriment de la sécurité des enfants et des femmes.

 

L’indépendance ferait de Piddington « le village qui rugissait »

Il est déjà acté en effet que les hommes logés sur le camp militaire ne seront pas en détention ; ils pourront circuler librement, à condition seulement de signer un registre d’entrée et de sortie.

Le président du conseil paroissial, Tim McNally, a qualifié d’« étonnant » le niveau de participation au scrutin : les deux tiers du village ont voté, mais les autres sont des enfants.

« Ce que veulent les gens, quand on les ignore et qu’on les pousse dans un coin, c’est l’auto-détermination. C’est un instinct et une réaction propre aux êtres humains. La principauté de Piddington, le village qui rugissait, rassemblera son conseil et ses représentants pour acquérir son autonomie », a fait savoir Tim McNally, chargé de porter et de mettre en œuvre le projet du village. Des démarches sont déjà envisagées auprès des responsables politiques régionaux. Leur aboutissement, espéré par les villageois, serait caractérisé par une déclaration d’indépendance à présenter à l’ambassadeur des Etats-Unis, puis à Donald Trump.

Pour avoir une idée de la trempe de ces Anglais, on pourra profiter des vacances pour voir la comédie qui visiblement les inspire : La souris qui rugissait, film du réalisateur Jack Arnold sorti en 1959. On peut être petit, mais tenir sa place.

 

Jeanne Smits