Telle est la critique faite de la crise synodalitaire que traverse l’Eglise par Mgr Rob Mutsaerts, évêque auxiliaire de Bois-le-Duc, dans un billet sur son blog Paarse Pepers, après une énième rencontre en Autriche visant à « discuter de la manière dont la réforme prônée par le pape François pourrait se concrétiser en Europe ».
L’évêque critique « un type curieux de rassemblement ecclésial où il faut trois jours pour établir que les participants doivent s’écouter les uns les autres ». Et il relève que si l’« écoute » et le « dialogue » ne sont pas mauvais en soi, ils ne doivent pas être l’objectif : quant à la synodalité, « l’on commence à se demander, avec prudence, si la destination de ce voyage ne serait pas le voyage lui-même ».
Or voici la « question essentielle » pour Mgr Mutsaerts : « Pourquoi sommes-nous baptisés ? Pour faire entendre notre voix, ou pour écouter d’abord la Voix qui dit : “Repentez-vous et croyez à l’Evangile” ? »
Et de dresser ce constat accablant : « Quiconque lit des documents ecclésiastiques contemporains a parfois l’impression que la religion catholique s’est réduite à un recueil de verbes. Il faut écouter, discerner, guider, participer, dialoguer, s’engager dans des processus. Ce sont là des verbes respectables, certes, mais l’Eglise catholique vit en définitive selon des noms. Dieu. Christ. Vérité. Péché. Grâce. Croix. Résurrection. Eucharistie. Conversion. Vie éternelle. Lorsque ces noms disparaissent – et c’est généralement le cas dans les documents de politique générale –, les verbes deviennent de vaines formules. Car l’écoute n’a de sens que s’il y a quelque chose à entendre. Le discernement n’a de sens que lorsqu’on peut distinguer la vérité de l’erreur. Etre en chemin n’a de sens qu’en fonction de la destination. Et le dialogue n’est fructueux que si quelqu’un a, au final, quelque chose à faire. »
Mgr Mutsaerts conclut : « Aucune réforme majeure de l’Eglise n’a jamais commencé par cette question : “Quelle structure devons-nous changer ?”, mais : “Comment devenir un saint ?” On peut changer une structure sans se changer soi-même. Mais la sainteté n’admet pas cette échappatoire. C’est peut-être précisément pour cela que nous aimons tant parler de structures. Après tout, les structures se transforment bien plus facilement que les personnes. »











