Après avoir organisé, lancé et attisé ce qu’on appelle improprement le mouvement lycéen, tant par l’action de ses alliés que par les déclarations de ses chefs, La France insoumise ouvre un autre front, parlementaire celui-là, celui de l’enseignement privé sous contrat. On sait que celui-ci permet à l’Etat de faire d’importantes économies (la dépense par élève y est bien moins élevée que dans le public) et tire le niveau général vers le haut. Mais les vieilles rancœurs et l’idéologie antédiluvienne qui animent le parti de Mélenchon poussent celui-ci à mettre la France à feu et à sang. Eric Coquerel, président LFI de la commission des finances, a poussé celle-ci à couper 9 milliards d’euros alloués à l’enseignement privé dans le budget 2027, sous prétexte d’économies : ce qui signifierait tout simplement que les établissements ainsi poignardés ne pourraient plus payer leurs enseignants. La fédération des organismes de gestion de l’enseignement catholique (FNOGEC) a immédiatement critiqué cette « déclaration de guerre » qui mènerait immanquablement à la « fermeture des écoles ». Le communiqué ajoute que ce vote est « absolument contraire à l’organisation de l’enseignement sous contrat, à la liberté d’enseignement qui est constitutionnelle. (…) On voyait bien monter un certain nombre de discours, mais jamais à ce point-là. Ce qui était un slogan est devenu un vote ». Bien sûr, le bon sens et l’équilibre des forces politiques dans le pays pousseront le gouvernement à écarter l’amendement LFI ainsi approuvé par la commission des finances, mais l’extrême gauche rajoute ainsi un affrontement parlementaire et espère pousser le gouvernement à utiliser le 49-3. Mélenchon, comme jadis un chancelier allemand, est un stratège de la guerre totale.











