Fin de la COP17 sur la biodiversité : le socialisme mondial en marche

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La COP17 sur la biodiversité s’est achevée il y a deux jours à Erevan, le 30 octobre, et il est temps d’en faire le bilan, ou plus exactement d’expliquer ce qui se trame. Nous vous le disions sur RITV le 19 octobre : les partisans du contrôle public sur 30 % des terres et des océans à des fins annoncées de conservation de la nature et des espèces vivantes visent un contrôle accru et des dépenses publiques et privées augmentées. Nous soulignions que les objectifs réels sont essentiellement socialistes. Alex Newman du New American, qui était sur place avec une équipe, vient confirmer ce constat dans un passionnant podcast, dont nous vous donnons ici l’essentiel.

La Convention de l’ONU sur la diversité biologique est l’instrument dont se servent ces mondialo-socialistes. Leur but, dans le cadre et dans la continuité des objectifs de développement durable (ODD), devant être atteints en 2030, est de passer du « confinement » de 18 % de la planète aujourd’hui à 30 % en 2030 pour la conservation des espèces, la préservation des ressources et la lutte contre le « changement climatique ». En attendant davantage… Pour l’instant, ils en sont au slogan « 30 à l’horizon 30 » pour la mise en œuvre du Cadre mondial Kunming-Montréal sur la biodiversité globale adopté en 2022.

 

La COP17 d’Erevan au service du socialisme mondial

Le confinement s’entend ici de diverses manières. Certaines zones doivent carrément être interdites à toute présence humaine, sauf celle des personnes désignées pour faire respecter cette politique ; d’autres, y compris des environnements urbains, seront soumis à des limitations du droit de propriété privée pour faire respecter un foisonnant ensemble des documents internationaux, traités, accords, engagements volontaires et autres contraintes au service de cette noble entreprise.

Comment ne pas acquiescer lorsqu’il s’agit de préserver la nature, en effet ?

Le hic, c’est qu’au moyen de l’intégration de nombreuses politiques définie au niveau de l’ONU et dans le cadre des COP sur la biodiversité dans les droits nationaux de tous les pays du monde, l’objectif final est bien de faire cesser l’exploitation d’un « nombre croissant de ressources naturelles », selon Alex Newman. A ce propos, il ne faut pas se laisser berner par l’insistance des négociateurs sur leur volonté de respecter les « circonstances nationales » ou encore la « souveraineté nationale ». En faisant des droits de la nature et des espèces autres que l’homme des droits prioritaires, il s’agit bel et bien d’une politique anti-humaine qui est ici prônée. Et on ne va évidemment pas demander l’avis de ceux qui en souffriront.

« Ils veulent créer un mécanisme permettant de détourner les capitaux privés, non pas pour transformer les ressources naturelles en richesses dont les gens pourraient profiter, mais pour les immobiliser. Ils veulent que l’argent serve à immobiliser les ressources, de sorte qu’au lieu de créer de la valeur et de transformer ces ressources en biens utiles aux gens, on soit rémunéré pour les immobiliser et s’assurer qu’elles ne puissent pas être utilisées. Quand on considère l’ampleur de la pauvreté dans le monde… compte tenu des privations que l’on observe partout dans le monde, immobiliser les ressources semble tout simplement complètement fou », commente Alex Newman.

 

COP17 : 200 milliards par an pour la biodiversité

Cela demande en effet d’importants fonds, publics ou privés, la COP17 ne s’en est pas cachée, permettant d’interférer dans tous les domaines, y compris l’agriculture, l’extraction de ressources et les infrastructures. Sans compter les questions du développement humain, de la finance, de la banque et de la manière dont on construit les maisons. Nous en avons déjà largement l’exemple en France, avec une réglementation écologique de plus en plus tatillonne.

La COP17 s’appuie notamment sur l’objectif 19 des ODD pour réclamer 200 milliards de dollars par an pour sa mise en œuvre. Cela représenterait d’ici à 2030 près d’un milliard de dollars de fonds puisés dans la poche du contribuable, dans l’intention de le priver de ses droits, et notamment de ses droits à la propriété privée terrienne.

Tout cela ne serait pas perdu pour tout le monde. Alex Newman explique qu’il a été beaucoup question, à la COP17, des séquences génétiques numériques (ou de l’information génétique numérique), recueillies sur des organismes à travers le monde pour être conservées dans une banque de données. Cela permettrait par la suite à des sociétés de biotechnologie et d’intelligence artificielle d’accéder à cette information pour l’exploiter, au moyen de royalties versées à ceux qui sont censés y posséder un intérêt.

 

Utiliser la biodiversité pour aboutir à l’économie planifiée

Derrière le discours sur la nature, il y a l’idée de la planification centralisée de l’économie, en contraignant les flux d’argent à aller dans une direction donnée. Alex Newman l’exprime ainsi : « Ils souhaitent développer cette idée étrange lancée par les mondialistes d’il y a plusieurs générations : celle des “unités de ressources naturelles”, en transformant en jetons tous les actifs naturels de la planète pour ensuite les ouvrir à l’investissement. Cela permet à ces mondialistes, milliardaires et soi-disant “trillionnaires” de monétiser la nature, et, une fois de plus, de détourner les capitaux privés de la production de richesse pour les consacrer à l’accaparement de ressources indispensables à cette même production. »

Une propriétaire de ranch au Canada était présente avec l’équipe de The New American. Debbie Bacigalupi a expliqué avoir elle-même participé à des discussions avec Gavin Newsom, le gouverneur de son Etat, la Californie, qui est très en pointe dans la mise en œuvre des 30 %. La réunion portait sur l’expansion du contrôle sur les zones privées, puisqu’il faut bien aller au-delà des parcs nationaux et autres zones sous contrôle de l’Etat pour atteindre les objectifs. Il a bien été précisé aux propriétaires participants à cette occasion qu’il s’agissait de transformer leurs terres en zones de conservation, notamment en limitant ce qu’il serait possible d’y faire ou de ne pas faire. L’usage défini et limité serait ainsi gelé à perpétuité selon le droit appliqué à ces zones, tout développement ultérieur étant confié à l’Etat ou à une agence publique, tandis que le respect des dispositions de ces conservation easements (« servitudes environnementales ») entraînerait une surveillance de plus en plus rapprochée.

 

La COP17 sur la biodiversité, prolongement de la Déclaration de Vancouver

En fait, tout cela était prévisible il y a 50 ans déjà, lorsqu’a été signée, en juin 1976, la Déclaration de Vancouver de l’ONU sur les établissements humains. Elle proclame :

« La terre, en raison de sa nature unique et du rôle crucial qu’elle joue dans les établissements humains, ne peut être traitée comme un bien ordinaire, contrôlé par des individus et soumis aux pressions et aux inefficacités du marché. La propriété foncière privée est également un instrument principal d’accumulation et de concentration des richesses et contribue donc à l’injustice sociale ; si elle n’est pas contrôlée, elle peut devenir un obstacle majeur à la planification et à l’œuvre de développement. La justice sociale, la rénovation et le développement urbains, la fourniture de logements décents et de conditions saines pour la population ne peuvent être atteints que si la terre est utilisée dans l’intérêt de la société dans son ensemble… Le contrôle public de l’utilisation des terres est donc indispensable. »

L’objectif est politique et il touche au droit fondamental de la propriété. Celle-ci comprend notamment le droit d’user de son bien. Et c’est celui-ci qui est de plus en plus ouvertement limité et contesté derrière des objectifs apparemment bienveillants.

Mais à Erevan, on ne se cache pas non plus totalement. L’équipe d’Alex Newman a vu de grands panneaux détaillant les « obstacles » à cette fameuse justice sociale que la COP17 cherche à lever : « Le patriarcat [traduisez : la famille], le capitalisme, les inégalités, le validisme et le racisme »…

 

Pour le socialisme mondial, la Chine est d’accord : l’Occident doit payer

Alex Newman conclut en attestant qu’il a vu de multiples manifestations du paganisme qui sous-tendent cette affaire. Il a aussi pu constater à quel point la Chine communiste soutient la politique mise en avant par la COP17.

Sachez pour finir que la ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a estimé samedi que le bilan de la COP17 n’était pas à la hauteur des enjeux. « La nature n’attendra pas le rythme de nos négociations », a-t-elle averti, alors même que le cadre de l’accord de Kunming-Montréal a été réaffirmé, pour que les Etats rattrapent leur retard dans ce domaine, il était aussi question de savoir qui va payer.

L’UE a voulu convaincre la Chine et d’autres pays dits émergents d’entrer sur la liste officielle de donateurs, sans succès. Cela veut dire que, quoi qu’il en soit des 30 %, l’essentiel a bien été réalisé : ce sont toujours les pays occidentaux qui payeront.

 

Jeanne Smits