L’Académie Jean-Paul II pour la vie humaine et la famille (JAHLF) a envoyé une lettre ouverte au cardinal Mario Grech pour lui demander de désavouer le rapport du groupe d’études numéro 9 du Synode sur la synodalité, scandaleux dans son propos de justifier les rapports et les unions homosexuelles officialisées. Cette Académie privée, créée pour répondre aux dérives et à la purge opérées sous l’autorité du pape François à l’Académie pour la vie fondée par Jean-Paul II, interpelle ainsi le secrétaire général du synode des évêques « avec une ferme détermination », au nom de « l’intégrité même de la foi catholique ».
Le Secrétariat général du Synode s’est certes distancié des conclusions du groupe 9, comme nous l’avons souligné ici, mais cela ne suffit pas. C’est une rectification qui est exigée, qui est nécessaire pour faire cesser le scandale et ne pas encourager l’erreur.
L’Académie Jean-Paul II met le cardinal Grech, secrétaire du synode, devant ses responsabilités
Il s’agit à la fois de contrer l’idée d’une doctrine et d’une morale évolutives et de dénoncer un accompagnement pastoral qui « ferait abstraction des réalités morales identifiées par l’Eglise ». « La miséricorde sans la vérité cesse d’être la miséricorde », souligne la lettre ouverte, que nous reproduisons in extenso ci-dessous dans sa version française diffusée par la JAHLF.
Cette académie est composée de membres dont certains faisaient partie à divers titres de l’Académie pour la vie de Jean-Paul II. Elle est présidée par le Dr Thomas Ward et a notamment pour vice-présidente Christine de Vollmer, connue pour son engagement pour la vie et pour la formation affective des jeunes aux Amériques, et compte parmi ses fondateurs Mgr Michel Schooyans, Alice von Hildebrand et Robert Spaemann, aujourd’hui décédés.
Voici le texte de sa lettre ouverte. – J.S.
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A Son Eminence le Cardinal Mario Grech
Secrétaire général du Synode des évêques
Cité du Vatican
« Mais quand nous-mêmes, quand un ange venu du ciel vous annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème ! » – Galates 1, 8
Eminence,
Au nom de l’Académie Jean-Paul II pour la Vie humaine et la Famille, nous nous permettons d’exprimer à Votre Eminence notre profonde inquiétude face à l’inclusion du rapport du Groupe d’étude n° 9, consacré à des questions doctrinales, pastorales et éthiques controversées, parmi les documents destinés à la Phase III de la mise en œuvre du Synode sur la synodalité. Avec tout le respect dû à votre charge, mais avec une ferme détermination, nous demandons que ce rapport soit retiré de l’ensemble des documents soumis à examen.
Notre préoccupation n’est pas seulement d’ordre disciplinaire ou prudentiel ; elle touche à l’intégrité même de la foi catholique. Le « changement de paradigme » méthodologique proposé dans ce rapport semble impliquer une conception de la Révélation divine incompatible avec la doctrine catholique. L’Eglise catholique a toujours enseigné que la Révélation publique trouve son accomplissement en Jésus-Christ et qu’elle est close avec la mort du dernier Apôtre. Toute suggestion selon laquelle l’Esprit Saint pourrait inspirer des réponses doctrinales ou morales contraires à l’enseignement pérenne de l’Eglise risque de raviver des erreurs historiquement associées au modernisme théologique, maintes fois rejeté par le Magistère. Le développement authentique de la doctrine approfondit l’intelligence de la vérité révélée ; il ne contredit pas des vérités déjà enseignées de manière définitive.
Il est tout aussi préoccupant de laisser entendre que la doctrine morale catholique devrait s’adapter aux mœurs dominantes de l’époque. La mission de l’Eglise n’a jamais consisté à se conformer à l’esprit du temps, mais à proclamer la vérité « à temps et à contretemps ». La loi morale, fondée sur la Révélation divine et sur la loi naturelle, ne saurait être modifiée au gré des pressions sociales ou des sensibilités contemporaines.
Nous sommes aussi vivement préoccupés par des propositions qui, au nom de la sollicitude pastorale, tendent à dissocier l’inclusion ecclésiale de l’exigence morale. La charité chrétienne demande que toute personne soit accueillie avec dignité et bienveillance pastorale ; cependant, un accompagnement pastoral authentique ne saurait faire abstraction des réalités morales identifiées par l’Eglise, en particulier lorsqu’il s’agit de comportements publics objectivement contraires à l’enseignement catholique. La miséricorde sans la vérité cesse d’être la miséricorde.
En particulier, la doctrine catholique a constamment enseigné que les relations sexuelles en dehors de l’alliance matrimoniale entre un homme et une femme constituent un grave désordre moral. Plus précisément, le Catéchisme de l’Eglise catholique enseigne : « S’appuyant sur la Sainte Ecriture, qui les présente comme des dépravations graves (cf. Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10), la Tradition a toujours déclaré que “les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés” (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Persona humana, 8) » (§2357). Les approches pastorales qui semblent normaliser ou bénir des relations contraires à cet enseignement risquent d’engendrer une grave confusion parmi les fidèles et d’affaiblir le témoignage de l’Eglise à l’égard de la vérité comme de la charité.
Plus préoccupant encore est le fait que le rapport final du Groupe d’étude n° 9 ose envisager sous un jour favorable la question des enfants adoptés et élevés dans de telles unions, fondées sur des actes sexuels dépravés. La dignité des enfants et la préservation de leur innocence s’opposent avec la plus grande fermeté à la moindre concession en ce domaine.
En outre, ce rapport donne peu de signes de refléter les convictions de la majorité des catholiques pratiquants à travers le monde, lesquels demeurent attachés à l’enseignement moral pérenne de l’Eglise. Il semble plutôt émaner clairement de certains milieux ecclésiaux qui, depuis des décennies, s’emploient à promouvoir une révision substantielle de l’enseignement catholique sur la sexualité et la vie familiale.
Cette conviction se trouve renforcée par la sélection manifestement orientée des témoignages retenus dans le rapport, notamment dans la mesure où les deux principaux témoignages proviennent de proches du P. James Martin, dont l’approche pastorale et théologique des questions liées à l’homosexualité contredit ouvertement l’enseignement et la discipline traditionnels de l’Eglise. De tels choix éditoriaux renforcent la conviction selon laquelle le rapport final n’est pas le fruit d’un large discernement ecclésial, mais celui d’un processus idéologiquement prédéterminé.
Nous relevons également que les thèmes et propositions avancés dans ce rapport présentent une frappante similitude avec des positions déjà examinées et rejetées par le Magistère, notamment à travers les interventions de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi durant le pontificat de S.S. Jean-Paul II, sous la préfecture du cardinal Joseph Ratzinger.
Enfin, nous devons exprimer notre vive inquiétude quant au processus synodal lui-même, si le fait de « marcher ensemble » devait en venir à signifier une accommodation à l’ambiguïté doctrinale ou une capitulation devant les courants idéologiques de notre temps. La synodalité ne pourra porter du fruit que si elle demeure fermement enracinée dans la fidélité à la Sainte Ecriture, à la Tradition et au Magistère pérenne de l’Eglise.
Pour toutes ces raisons, nous demandons respectueusement, mais avec insistance, le retrait du rapport du Groupe d’étude n° 9 du corpus documentaire de la Phase III. Les fidèles ont droit à la clarté, à la cohérence et à l’assurance que le dépôt de la foi confié à l’Eglise sera préservé sans compromis.
Veuillez agréer, Eminence, l’expression de notre profond respect.
Dr Thomas Ward – Président
Christine de Vollmer, Ed.D. – Vice-présidente
Steven Mosher – Trésorier
Académie Jean-Paul II pour la Vie humaine et la Famille











