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L’AIEA refuse tout accord sur le nucléaire iranien tant que certains aspects du programme atomique de l’Iran ne seront éclaircis

L’AIEA refuse tout accord sur le nucléaire iranien tant que certains aspects du programme atomique de l’Iran ne soient éclaircis
 
Alors que les négociations sur le nucléaire iranien devaient initialement se terminer le mardi 30 juin, nombre de diplomates occidentaux affirment que certaines questions sur le passé atomique de l’Iran doivent être résolues avant que les sanctions ne soient levées. Bien que l’Iran n’ait pas contrevenu aux termes d’un accord provisoire conclu en 2013, l’agence nucléaire de l’ONU a demandé à plusieurs reprises à l’Iran de coopérer plus rapidement dans son enquête sur les possibles dimensions militaires de son programme atomique. Or des questions posées par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui se réfèrent essentiellement aux activités nucléaires antérieures à 2003, sont toujours sans réponse.
 
D’un côté, l’AIEA affirme avoir reçu des informations crédibles sur d’éventuels aspects militaires du programme nucléaire iranien, de l’autre, l’Iran refuse de reconnaître toute tentative de développement d’armes nucléaires à quelque moment que ce soit de son passé.
 

L’accord sur le nucléaire iranien, qui devait être passé le 30 juin, remis en cause par l’AIEA

 
Ce sont ces questions restées en suspens que les pays occidentaux souhaiteraient voir éclaircies avant de signer l’accord et de lever les sanctions prises ces dernières années contre l’Iran.
 
L’AIEA s’interroge notamment sur l’utilisation d’entreprises de couverture pour obtenir des équipements servant tant dans le nucléaire civil que pour fabriquer une arme atomique.
 
Elle pointe une autre question non résolue, qui concerna l’acquisition de matériel nucléaire, telle une source d’enrichissement de l’uranium, et les efforts entrepris pour dissimuler les activités liées à l’utilisation de ce matériel. Des questions demeurent également sur l’existence de documents qui détaillent la conversion de minerai d’uranium en métal, et sur la production de composantes métalliques hémisphériques enrichis en uranium qui peuvent être utilisées pour fabriquer une bombe.
 
Le développement d’un détonateur permettant de programmer de manière très précise l’explosion d’une arme nucléaire est également l’objet d’inquiétudes. L’Iran a répondu que cette technologie est utile à son secteur pétrolier. Plusieurs diplomates soulignent qu’il n’y a pas d’application pacifique aux détonateurs de cette précision.
 

L’AIEA souligne des aspects demeurés mystérieux dans le programme atomique de l’Iran et refuse l’accord

 
L’Iran a également procédé, selon ces négociateurs sceptiques, à des expériences hydrodynamiques pour comprendre comment certains matériaux réagissent à de hautes pressions, comme c’est le cas lors d’une explosion nucléaire. Certains pays membres affirment l’existence d’une telle chambre d’expérience non loin de Téhéran, dans un site militaire auquel l’Iran refuse toujours l’accès.
 
 L’Iran a donné de nombreuses informations sur les calculs effectués sur le comportement des neutrons, mais l’AIEA réclame encore plus de détails. Elle s’interroge aussi sur l’existence d’une technologie qui « pourrait produire une explosion de neutrons servant à amorcer une réaction de fission en chaîne », une technologie nécessaire à la détonation d’une bombe atomique.
 
Pour finir, l’AIEA demande des explications sur des études portant sur la charge utile des missiles et leurs comportements une fois lancés… L’Agence juge que ces études pourraient être « fortement pertinentes dans un programme d’arme nucléaire ».
 
Le fait, enfin, que toutes ces activités suspectes sont organisées par une même organisation placée sous les ordres du département de logistique des forces armées du ministère de la défense iranien continue à inquiéter l’AIEA.
 
L’accord est-il vraiment pour demain ?
 

Béatrice Romée