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En Australie, le ministre de l’Immigration veut expulser tous les faux réfugiés

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Le ministre de l’Immigration australien, Peter Dutton, a donné dimanche jusqu’au 1er octobre aux immigrés arrivés illégalement en Australie à l’époque des gouvernements travaillistes, c’est-à-dire entre 2007 et 2013, pour demander l’asile en fournissant tous les renseignements sur leur identité. Faute de quoi, le ministre promet de les expulser et de leur interdire à tout jamais l’accès au territoire australien et la possibilité d’y demander l’asile. La menace du ministre concerne environ 7.500 immigrés qualifiés de faux réfugiés sur les plus de 50.000 « boat people » arrivés par la mer après que le gouvernement du premier ministre Kevin Rudd eut démantelé le dispositif de lutte contre l’immigration illégale de son prédécesseur John Howard. Outre cette arrivée massive d’immigrants clandestins en Australie, le laxisme des gouvernements travaillistes a causé, selon les estimations, la mort par noyade de plus de 1.200 personnes dont plusieurs centaines d’enfants.
 

Les arrivées illégales et les noyades en mer stoppées nettes en 2013 grâce à une politique migratoire plus restrictive

 
Ce n’est qu’avec l’arrivée au pouvoir des conservateurs sous le premier ministre Tony Abbott que l’Australie a stoppé net les départs, et donc aussi les noyades, en ouvrant des centres de détention hors du territoire australien où les demandeurs d’asile doivent attendre l’examen de leur demande. Ceux qui tenteraient d’arriver illégalement en Australie par voie de mer se verraient interdire à vie la possibilité d’y demander l’asile, mais plus personne ne tente l’aventure depuis le lancement en 2013 de l’opération « Frontières souveraines ».
 

L’Australie veut expulser les faux réfugiés

 
Reste que sur les quelque 50.000 personnes arrivées entre 2007 et 2013, seules 20.000 demandes d’asile avaient été examinées à l’arrivée des conservateurs au pouvoir, et il en restait donc 30.000 à traiter. Or aujourd’hui encore, 7.500 de ces « boat people » n’ont toujours pas déposé de demande d’asile ou bien refusent de fournir les renseignements nécessaires à l’établissement de leur identité. C’est à ceux-là que le ministre Dutton a adressé son ultimatum dimanche, estimant que le contribuable australien n’a pas à financer le séjour de personnes qui sont vraisemblablement de faux réfugiés. « Nous sommes prêts à aider les gens qui sont réellement des réfugiés, mais nous n’allons pas aider ceux qui profitent des aides sociales et autres avantages payés par le contribuable puis refusent de fournir les renseignements liés à leur demande de protection », a expliqué Peter Dutton.
 

L’Australie contrôle l’immigration au grand dam des droits-de-l’hommistes

 
Les organisations de défense des réfugiés sont vent debout contre les propos du ministre de l’Immigration, affirmant que si ces 7.500 personnes n’ont pas encore déposé leur demande d’asile, c’est surtout à cause des lourdeurs administratives et du manque de moyens des services de conseil juridique qui sont normalement mis à leur disposition par le gouvernement. Depuis 2013, sur les 23.000 demandes d’asile traitées par les gouvernements de Tony Abbott puis de l’actuel premier ministre Malcolm Turnbull pour les personnes arrivées illégalement au cours des six années précédentes, environ 3.000 se sont soldées par un refus.
 

Olivier Bault