Banques centrales : qu’est-ce qui entrave l’action de Trump ? La Fed

Banques centrales entrave Trump
 

Le vrai ennemi de Donald Trump, ce ne sont pas les médias, assure Chris Ruddy dans un éditorial publié par Newsmax. C’est la Réserve fédérale. Non pas que les médias traitent bien le président des Etats-Unis, mais il a les moyens de les contrer. « Trump m’a dit une fois que les médias n’étaient pas son problème : il l’a toujours emporté sur eux », se rappelle Ruddy : « La menace plus profonde contre Trump et le Parti républicain n’est pas l’appareil médiatique, elle se situe du côté de la Fed. »

C’est elle, cette banque centrale qui n’est pas soumise au pouvoir politique, qui « fixe les paramètres économiques, qui impulse l’économie ». « Elle a longtemps été la bête noire de Trump (en français dans le texte), l’instrument préféré de l’establishment pour l’entraver », souligne Chris Ruddy, avant de rappeler comment cela s’est joué lors de son premier mandat.

« Une impressionnante croissance du PIB s’est alors produite sans quasiment la moindre inflation. Mais le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, n’en avait pas moins augmenté les taux en leur faisant faire un bond de quasi 500 % par rapport au niveau où Trump avait commencé en 2017 », toujours en invoquant « la peur de l’inflation », rappelle le fondateur de Newsmax : Powell avait fini par baisser les taux sous les assauts répétés du président.

 

Sans l’action de la Fed, le premier mandat de Trump aurait affiché un meilleur bilan

« Je pense que si Trump avait agi dans le cadre du régime de taux d’intérêt faibles et des mesures d’assouplissement quantitatif qui ont caractérisé les années Obama, la course électorale de 2020 n’aurait pas été aussi serrée. Trump aurait remporté une victoire écrasante. La reconduction de Powell par Biden n’a surpris personne (“Merci, M. Powell”, a sans doute dit ce dernier) », a expliqué Ruddy.

Et de rappeler que c’est sous le mandat de Biden que Powell et sa Fed ont autorisé la pire inflation que le pays ait connue en 50 ans, avec des programmes de stimulation économique à raison de plus de 7.000 milliards de dollars de dépenses, le plus souvent inutiles, et une perte du pouvoir d’achat du dollar de près de 25 %.

Le retour de Trump a été marqué par une baisse de l’inflation, et aussitôt, Powell a voulu relever les taux, suscitant la réaction immédiate de Trump. Et le stock d’argent reste stable à dollars constants.

Selon Ruddy, « au début de 2026, rien ne justifiait l’augmentation des taux et la restriction monétaire ».

C’est alors que survint la guerre contre l’Iran et une inflation liée au choc de l’approvisionnement, en raison de la hausse des prix du pétrole et du gaz naturel. Ruddy précise alors (sans toutefois évoquer le coût de la guerre en soi) : « Ce choc est temporaire et n’a pas de relation avec la situation monétaire domestique. L’augmentation des taux ne règle pas l’inflation liée au choc de l’approvisionnement, et elle ne permet pas de faire baisser les prix de l’essence. Au contraire, elle aggrave fortement le problème en augmentant les coûts dans tous les domaines. La Fed devrait être en train de compenser le choc en abaissant les taux à court terme. »

 

L’entrave de l’action de Trump par le biais des taux directeurs

« Si le taux directeur fédéral avait été plus proche de 2 % plutôt que des niveaux de l’ordre de 5 % qui ont prévalu pendant une grande partie de l’année dernière, Trump et les républicains auraient le vent en poupe à l’approche des élections de mi-mandat », assure Chris Ruddy. D’ailleurs, le service de la dette aurait été réduit quasiment de moitié, ajoute-t-il.

En même temps, le prix des hypothèques aurait subi moins de pression, l’économie aurait pu fonctionner à plein et la montée du prix de l’énergie aurait été absorbée comme un simple incident de parcours. Et on aurait pu se focaliser sur d’autres effets de la politique de Trump.

Certes, Trump a nommé un nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, mais quelle que soit sa politique, il est seul face aux 11 autres membres de la commission de l’Open Market fédéral qui fixe les taux. Par ailleurs, les gouverneurs actuels de la Fed sont pour l’ensemble des acolytes de Powell. Ils sont en train de créer les conditions pour une nouvelle crise du logement semblable à celle de 2008, prévient Ruddy : « La tempête parfaite capable de faire basculer une économie dans la catastrophe », note-t-il. Pour conclure :

« Le public n’a jamais élu la Fed, mais il souffre aujourd’hui par sa faute. Les médias font peut-être beaucoup de bruit, mais c’est la Fed qui a un impact direct sur votre portefeuille – et sur les élections. Nous verrons cela en novembre. »

 

Jeanne Smits