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Camps de rééducation marxiste, sinisation de l’islam ouighour : la Chine revendique sa dictature sur les religions

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Une nouvelle loi régionale du Xinjiang, en Chine occidentale, est venue apporter une reconnaissance légale et officielle aux centres de « rééducation » mis en place pour mater la minorité ouïghour musulmane. Après des mois passés à nier leur existence, ou à faire passer ces camps pour des institutions de formation professionnelle, les autorités communistes ont décidé d’assumer, et même d’expliquer que leur objectif est de lutter contre « l’extrémisme ». En prétendant lutter contre le « terrorisme », la Chine revendique en réalité sa dictature sur les religions.
 
Cette loi intervient en même temps qu’une décision prise dans la province de Xinjiang d’engager la lutte contre les produits halal. Les cadres du parti communiste d’Urumqi ont annoncé lundi dernier sur le compte officiel WeChat de la ville avoir fait serment de » mener une bataille décisive contre la pan-halalisation ».
 

La Chine reconnaît et promeut l’existence de camps de rééducation marxiste pour les musulmans ouïghours

 
Leur idée affichée : empêcher la pénétration de l’islam au sein de la vie laïque, alors que de nombreux produits du quotidien – et pas seulement la nourriture – sont concernés par l’obligation du halal. Ainsi, les cadres et tous les fonctionnaires locaux vont devoir renoncer à ces exigences religieuses en s’engageant d’ailleurs à « croire fermement au marxisme-léninisme ». Voilà qui correspond à une décision du parti communiste central qui au mois d’août, a publié des règles révisées qui menacent tous ses membres de sanctions, voire d’expulsion, s’ils sont convaincus d’attachement à des croyances religieuses.
 
En clair : la persécution antireligieuse en Chine s’accélère et tend à se cacher de moins en moins. Pour ce qui est des camps; selon des groupes de défenses des droits de l’homme pas moins d’un million d’Ouïghours sont actuellement internés (sur une population totale de 11 millions !), quand ils ne sont pas transférés vers d’autres régions pour y être détenus en raison du volume de détenus dans leur province d’origine, comme l’affirme Radio Free Asia.
 

La sinisation de l’islam ouighour passe par la suppression du halal

 
Aimables centres d’apprentissage professionnel ou simple réédition des laogaï ? Les autorités communistes ne disent pas tout mais en tout cas, évoquent de manière plus nette leurs activités de lavage de cerveau. La nouvelle loi promulguée par le gouvernement de Xinjiang encourage explicitement les pouvoirs publics à mettre en place « des institutions de rééducation… en vue de mettre en œuvre la transformation éducationnelle de ceux qui sont affectés par l’extrémisme ». Cela veut dire que non seulement ils reconnaissent, mais veulent renforcer l’existence de ces centres.
 
Malgré la chape de plomb qui pèse sur l’information en Chine, on dispose de témoignages d’Ouïghours passés par ces camps qui affirment y avoir subi des tortures physiques et psychologiques, certains attestant avoir été attachés à des sièges avant d’être frappés, et évoquant privation de sommeil et chants de louange obligatoires à la gloire du président Xi Jinping pour obtenir de la nourriture.
 
Un porte-parole de l’office de l’information du conseil d’Etat chinois, Li Xiaojun, affirmait le mois dernier à Reuters – tout en contestant la réalité de ces pratiques totalitaires – que « sans dire que c’est le meilleur moyen, c’est peut-être le moyen nécessaire pour faire face à l’extrémisme islamique ou religieux ». Et d’accuser, en donnant des exemples d’attaques terroristes, les pays occidentaux de n’y avoir pas réussi.
 

La Chine accentue sa dictature sur les religions

 
La « sinisation » en cours en Chine – qui coïncide, faut-il le rappeler, avec la conclusion d’un accord sans précédent entre le gouvernement communiste central de Pékin et le Saint-Siège sur la nomination des évêques et la « normalisation » de l’Eglise patriotique de Chine – suppose une soumission complète au pouvoir du parti.
 
Pas plus tard qu’en avril dernier, le Parti communiste chinois déclarait officiellement : « Le socle et l’âme de la sinisation du christianisme, c’est la sinisation de la pensée théologique. Ce n’est qu’en réalisant la sinisation de la pensée théologique qu’il y aura une sinisation au vrai sens du terme. Sans quoi, la sinisation du christianisme ne sera que slogans vides, comme des arbres sans racines, de l’eau sans source. »
 
Cela vaut pour toutes les religions. En même temps que dans certaines provinces, les autorités détruisent des églises catholiques et des lieux de prière protestants, le gouvernement chinois détruit les mosquées qui ressemblent trop à des mosquées arabes avec leurs dômes et minarets, oblige à l’effacement des inscriptions en calligraphie arabe, et favorise les lieux de culte musulman qui ressemble à des temples religieux chinois.
 

Anne Dolhein