
Weinstein on t’a eu, Deneuve on t’aura : la militante fĂ©ministe Caroline de Haas cloue au pilori les cent femmes qui ont signĂ© dans le Monde une critique des excès de la rĂ©volution fĂ©ministe et de la campagne de dĂ©lation balance ton porc. Pas de pitiĂ© pour les collabos du mâle tant haĂŻs !
Pendant la RĂ©volution, les chiens Ă©crasĂ©s prolifèrent. On en cause, on en disserte, et l’on sent moins la guillotine. C’est ainsi que, depuis que le processus Macron s’est mis en marche, on nous Ă©blouit, nous autres pauvres lapins pris dans les phares, avec la lumière de faits divers antĂ©diluviens dont on nous assure, tĂ©moignage faramineux en sautoir ou nouvelle analyse ADN dans le carquois, qu’ils sont plus que jamais d’actualitĂ©. Hier c’Ă©tait GrĂ©gory, aujourd’hui c’est Dupont de Ligonès, demain quoi ? Marie Besnard ? Dominici ? L’affaire Calas ? Le courrier de Lyon ? La bĂŞte du GĂ©vaudan ? Pendant ce temps-lĂ le rouleau compresseur fĂ©ministe continue d’Ă©crabouiller tranquillement ce qu’il reste de neurones Ă nos concitoyens.
Deneuve et cent femmes découvrent la lune dans le Monde
TĂ©moin cette effarante histoire Ă propos d’une malheureuse chronique signĂ©e par cent femmes dans le Monde voilĂ deux jours. Que disaient ces dames ? Oh, des choses simples qu’on dirait inspirĂ©es de ce que j’ai Ă©crit ici mĂŞme lors de l’affaire Weinstein : l’agression sexuelle est une chose punissable, qu’il ne faut pas confondre, sous peine d’instituer un « totalitarisme » intrusif, avec les mots Ă©grillards ou les attentions maladroites de certains lourdauds, qui relèvent seulement de la paire de claques. « Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un dĂ©lit, ni la galanterie une agression machiste. (…) De fait, #metoo a entraĂ®nĂ© dans la presse et sur les rĂ©seaux sociaux une campagne de dĂ©lations et de mises en accusation publiques d’individus qui, sans qu’on leur laisse la possibilitĂ© ni de rĂ©pondre ni de se dĂ©fendre, ont Ă©tĂ© mis exactement sur le mĂŞme plan que des agresseurs sexuels. Cette justice expĂ©ditive a dĂ©jĂ ses victimes, des hommes sanctionnĂ©s dans l’exercice de leur mĂ©tier, contraints Ă la dĂ©mission, etc., alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touchĂ© un genou, tentĂ© de voler un baiser, parlĂ© de choses « intimes » lors d’un dĂ®ner professionnel ou d’avoir envoyĂ© des messages Ă connotation sexuelle Ă une femme chez qui l’attirance n’était pas rĂ©ciproque ».
Quand la révolution féministe se sent trahie
On le voit, pas de quoi casser trois pattes Ă un canard. Mais c’est la nature des signataires du texte qui a causĂ© la furie de la fĂ©ministe Caroline de Haas et de ses consĹ“urs. Elles considèrent les « Cent » comme des renĂ©gates, car elles militaient hier pour la cause de la « libĂ©ration sexuelle ». Il y a Catherine Deneuve, signataire du « manifeste des 343 salopes » pour la lĂ©galisation de l’avortement. Il y a Brigitte Lahaie, actrice porno. Il y a Catherine Millet, ponte de l’art contemporain, demeurĂ©e cĂ©lèbre dans le Landernau parisien pour le rĂ©cit de ses partouzes Ă©changistes. Or elles ont le malheur de se dĂ©marquer de leurs amies d’hier : « Nous ne nous reconnaissons pas dans ce fĂ©minisme qui, au-delĂ de la dĂ©nonciation des abus de pouvoir, prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualitĂ© ». Si vous et moi avions signĂ© la pĂ©tition des cent femmes, seul le silence nous aurait rĂ©pondu : mais elles, leur signature fait mal. D’autant qu’elles prĂ©tendent « libĂ©rer une autre parole », et dĂ©fendre la « libertĂ© sexuelle » contre les « extrĂ©mistes religieux et les pires rĂ©actionnaires ».
Caroline De Haas, gendarme féministe sans pitié
Pas de pitiĂ© pour les traĂ®tresses. Caroline de Haas les a immĂ©diatement clouĂ©es au pilori. En leur reprochant bizarrement d’entretenir la « confusion » dont elle se rend elle-mĂŞme coupable entre violence inacceptable et sĂ©duction. Puis, Ă court d’arguments sinon de ressentiments, la fĂ©ministe a balancĂ© ses anciennes consĹ“urs : « Les signataires de la tribune du Monde sont pour la plupart des rĂ©cidivistes en matière de dĂ©fense de pĂ©docriminels ou d’apologie du viol. Elles utilisent une nouvelle fois leur visibilitĂ© mĂ©diatique pour banaliser les violences sexuelles ». Enfin, elle a appelĂ© « les porcs et leurs alliĂ©.e.s » Ă disparaĂ®tre. Tout en douceur. On a dĂ©couvert Ă cette occasion le visage de Caroline de Haas. Il donne raison Ă cette rĂ©plique de Montherlant : « Quand on a le physique de l’emploi, on en a l’âme ».
Deneuve et cent femmes clouées au pilori par le système
Ce qui importe dans cette affaire, ce n’est pas la haine bornĂ©e de Caroline de Haas, c’est qu’elle est largement partagĂ©e dans nos Ă©lites, qu’il s’agit en quelque sorte d’une haine d’État, d’une haine systĂ©mique mĂŞme. Les nouveaux hommes, les mâles branchĂ©s de magazines, la partagent, comme on peut s’en assurer, par exemple, en lisant Challenges. Un « père de famille » juge que le texte signĂ© par Catherine Deneuve est une « dĂ©fense abusive de l’espèce masculine » qui « provoque des haut-le-cĹ“ur ». Et il dĂ©plore que « cent machas » aient entrepris de « justifier l’injustifiable ». Ce faisant, il traduit le sentiment de la majoritĂ© des mĂ©dias. Et du gouvernement. L’inĂ©vitable Marlène Schiappa, ministre de l’Ă©galitĂ© hommes femmes, surtout connue avant d’accĂ©der au pouvoir pour avoir Ă©tĂ© l’auteur de mauvais textes pornographiques, y a Ă©tĂ© de son coup de pied de l’âne, elle a jugĂ© certaines idĂ©es dĂ©veloppĂ©es par la tribune des cent femmes « profondĂ©ment choquantes ».
Féministe ou antiraciste, la Révolution est la Révolution
Encore une fois, l’important n’est pas les joutes Ă©thiques entre diffĂ©rentes chapelles fĂ©ministes, entre anciennes pĂ©troleuses et nouvelles puritaines, c’est le sens de la RĂ©volution dont elles sont le signe. La personnalitĂ© de la fĂ©ministe en pointe, Caroline De Haas, est Ă cet Ă©gard Ă©clairante. Fille d’une gynĂ©cologue catholique de gauche, ancienne d’Amnesty International et du PS, porte-parole d’Osez le fĂ©minisme jusqu’en 2011, c’est une femme de gauche pour laquelle la RĂ©volution dans son ensemble, avec toute sa panoplie idĂ©ologique, dont « l’antiracisme », passe « devant la protection de la femme », comme l’avait notĂ© Élisabeth Badinter. Lorsque les agressions de la population mâle locale interdisait aux femmes de circuler librement boulevard de la Chapelle, Caroline De Haas avait juste recommandĂ© Ă la voirie « d’Ă©largir les trottoirs ». Et quand des viols de masse furent commis par des migrants sur des Allemandes une nuit de la Saint Sylvestre Ă Cologne, elle jeta Ă ceux qui relevaient le fait : « Allez dĂ©verser votre racisme ailleurs ». En d’autres termes, le pur porc blanc et chrĂ©tien commet des agressions sexuelles, l’allochtone est culturellement excusable, dans la mesure oĂą il participe Ă la RĂ©volution contre « le vieux monde en train de disparaĂ®tre ».



























































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