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La charité familiale
Sermon de l’Abbé Beauvais pour le premier dimanche de l’Avent


 
La charité familiale est une obligation. Elle est souvent une justice. Chez les chrétiens le superflu n’appartient-il pas de droit à celui qui manque de tout ? Non pas qu’il puisse le ravir, sauf cas de nécessité extrême. Mais en raison de l’intention providentielle, qui n’autorise l’appropriation individuelle des biens qu’en vue d’un intérêt commun et non pas pour favoriser l’égoïsme. Au surplus, combien de foyers auraient à méditer cette parole de Saint-Jérôme, sans doute excessive, mais si frappante comme avertissement : « Tout riche est un injuste ou l’héritier d’un injuste ». Il ne faut pas regarder de trop près à l’origine de certaines fortunes. S’il y a quelques doutes, le foyer sera bien de se racheter, sans préjudice de restrictions strictement exigibles.
 

La charité s’impose aux groupes comme aux individus

 
En tout cas s’impose aux groupes comme aux individus. Elle s’impose à la famille, à titre spécial, parce que la famille, c’est l’individu au complet et l’origine de tous les groupes, la cellule de base de la société, proche de la Providence créatrice. La famille doit donc sentir les obligations qui lui en reviennent. N’y aurait-il rien pour les pauvres, dans la maison pleine des dons de Dieu ? Eussiez-vous peu, vous avez tout reçu, et vous n’avez pas reçu pour vous seul. Ce qui vient du Père commun doit profiter en échelon à toute la famille humaine. Alors donnez, ayant été gratifiés, et semez ainsi pour l’éternité la semence de nouvelles grâces. Qui donne aux pauvres, dit-on, prête à Dieu. Es-tu en peine de garder ton bien, dit saint Jean Chrysostome, ne le garde pas toi-même, tu perdrais tout. Confie-le à Dieu, qui ne se laisse rien prendre. Le bien donc donné aux pauvres est confié à Dieu puisqu’Il l’inscrit à son compte et nous le restitue à sa façon.
 
Un budget particulier devrait être ici prévu. Non pour se limiter, bien que cela soit aussi nécessaire, mais pour ne pas se payer d’intentions vagues et ne pas céder à l’avarice. Sans un budget régulier des pauvres, disait le Père Lacordaire, l’aumône est toujours pesante, incertaine et au-dessous de la part qu’on lui doit.
 
 

La charité familiale. Sermon de l’Abbé Beauvais pour le premier dimanche de l’Avent

 
 
charité familiale Abbé Beauvais