fbpx

Climat : les experts du GIEC veulent toucher le grand public

Climat GIEC grand public
 
Il faut croire qu’on n’en fait jamais assez. Le changement climatique, vous en avez entendu parler. Aux informations… Dans les magazines… A longueur de programmes scolaires… De l’ours polaire émacié dérivant sur un glaçon à la terre sèche qui orne les « unes » des magazine de vulgarisation qui traînent dans les salles d’attente des médecins, le message est constant, lancinant, omniprésent. Les émissions de carbone sont aussi envahissantes que l’air qu’on respire. Il faut sauver la Planète. Et on a beau grelotter à la mi-octobre, la température grimpe et la mer monte, tout le monde le sait. Et pourtant, les experts du GIEC veulent toucher le grand public, à en croire son nouveau président, le Sud-Coréen Hoesung Lee.
 
C’est à Paris, en présence de Ségolène Royal, que Monsieur GIEC (alias le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), que Hoesung Lee a expliqué vouloir transmettre son message scientifique à un public plus large, « au-delà de la communauté scientifique ». Car bien entendu, on ne saurait mettre en doute ce que dit le GIEC, de manière fleurie ou en toute simplicité. C’est un organisme « dont les travaux font référence », rappelle l’Agence France presse (en ajoutant toutefois : « dans les négociations climatiques », ce qui précise mieux les choses).
 

Les experts du GIEC regrettent l’absence de politiques ambitieuses

 
Ceux qui pensent que les affirmations « scientifiques » du GIEC sont douteuses – et il s’agit bien souvent de scientifiques qui ont fait des constats scientifiques inverses – n’ont plus qu’à aller se rhabiller (pour se protéger du froid) : désormais, dans un langage simple et à portée de n’importe qui, le GIEC assénera ses certitudes. Avec un soupçon de marketing clairement assumé.
 
Le GIEC travaillera désormais « avec des infographistes, des auteurs spécialisés dans la vulgarisation scientifique », dit l’AFP, pour que les conclusions de ses rapports soient mieux compris de l’homme de la rue – mais aussi des « décideurs ».
 
La conférence de presse de Hoesung Lee chez Mme le ministre de l’Ecologie à Paris, où le nouveau président a en quelque sorte clamé sa volonté d’être mieux compris, témoigne d’une certaine nervosité à l’approche de la COP21. Ses propos répondaient à une étude parue lundi dans la revue Nature Climate Change, aux termes de laquelle les résumés actuellement fournis par le GIEC à l’intention des décideurs « sont d’une faible lisibilité ».
 

Toucher le grand public ou les décideurs ? C’est tout comme

 
A l’ère d’Internet et de la « civilisation de l’image », il faut apparemment plus de slogans, de graphiques simples et de phrases choc. Ce n’est sans doute qu’ainsi que les prédicateurs du réchauffement climatique d’origine humaine pensent pouvoir imposer une tarification du carbone (dont Hoesung a fait la promotion), une taxe carbone, une réponse mondiale à un danger auquel on croit de moins en moins.
 
Car croyez-le ou non, c’est le manque de pédagogie des scientifiques réchauffistes qui freine la prise de décisions et de politiques ambitieuses. Le rapport de la Kedge Business School (de Bordeaux !) l’affirme : « L’action mondiale sur le changement climatique est gravement entravée parce que les conseils du corps scientifique du GIEC qui, s’ils font référence en la matière, sont si difficiles à comprendre qu’il faut un doctorat minimum pour en saisir les recommandations. » Ses rapports seraient même « de plus en plus inintelligibles », renchérit un professeur de l’université de Leeds, co-auteur de l’étude.
 

Les études sur le climat doivent frapper sans assommer

 
Eh oui, mots difficiles, phrases longues et complexes ne conviennent plus à ceux qui nous gouvernent, et le jargon est à réserver strictement aux administrations dont ils ont la responsabilité.
 
L’étude contient une pépite qu’on ne se privera pas de mettre en lumière : elle assure qu’au fur et à mesure que le langage du GIEC devient plus compliqué, la représentation médiatique qui en a été faite a gagné en pessimisme, au-delà de ce que contenaient les rapports du GIEC eux-mêmes. Nous mènerait-on en bateau ? Voilà en tout cas une explication toute trouvée pour disqualifier les climatosceptiques qui ont bien sûr, comme tout le monde, mal interprété les données du GIEC… Mais cela ne dit pas pourquoi, face à des scénarios encore plus catastrophiques que ne les envisagent les experts, les « décideurs » aient pu être démobilisés et manqué de volonté pour mettre en place des politiques ambitieuses.
 
Tout cela ne fait qu’accroître le sentiment qu’on est roulé dans la farine. Et que le GIEC s’apprête à en rajouter une couche.
 

Anne Dolhein