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Le départ de Nigel Farage après le Brexit

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Peu après le vote favorable au Brexit au Royaume-Uni, Nigel Farage, leader haut en couleurs de l’UKIP (United Kingdom Independence Party) a décidé d’abandonner la tête de son parti. Son départ a suscité des commentaires acides de la part de ses adversaires politiques qui l’accusent d’avoir créé le chaos et de s’en aller pour ne pas avoir à en assumer les conséquences. Tel un capitaine quittant son navire avant d’avoir assuré la sécurité des passagers et l’équipage ?
 
La comparaison est facile, mais est-elle exacte ? Puisque le Brexit n’est justement pas une catastrophe mais l’ouverture d’un grand champ de possibles, on peut au contraire saluer la manière dont Farage se refuse à récolter les dividendes politiques de sa campagne réussie. Mais à l’inverse, on peut se demander si la démission de Nigel Farage de la tête de l’UKIP n’est pas prématurée eu égard à toutes les entourloupes qui ont jusqu’ici jalonné le parcours des initiatives ou des votes anti-Union européenne.
 

Nigel Farage quitte la présidence de l’UKIP

 
Dans un court communiqué publié sur le site de l’UKIP, Nigel Farage a indiqué lundi :
 
« J’ai décidé de laisser ma place de leader de l’UKIP. La victoire du camp “Leave” lors du referendum signifie que j’ai réalisé mon objectif politique. Je suis entré dans cette bataille en quittant le monde des affaires parce que je voulais que nous soyons une nation autonome, pas pour devenir un homme politique de carrière. »
 
Nigel Farage ne se met pas en retrait de l’UKIP et il s’est engagé, lors d’une conférence de presse, à soutenir le nouveau chef du parti. Mais il a précisé que son entrée en politique a eu pour lui et pour ses proches de lourdes répercussions. « Je voulais récupérer mon pays, maintenant je veux récupérer ma vie », a-t-il tweeté. Et d’ajouter, devant la presse : « Maintenant j’ai le sentiment que j’ai fait ce que j’avais à faire. Je ne pourrai d’aucune manière faire davantage que ce que nous avons réussi à obtenir lors de ce referendum. »
 

Brexit : mission accomplie, Farage annonce son départ – trop tôt ?

 
Hélas, l’histoire prouve le contraire. L’histoire récente en tout cas, celle des diverses démarches entreprises contre la fédéralisation européenne : qu’on songe au referendum français dont le résultat, encore plus spectaculaire que celui sur le Brexit, a été dans la pratique tenue pour négligeable. L’histoire de l’indépendance des États-Unis montre qu’à défaut de résister indéfiniment le pouvoir en place peut aussi multiplier les atermoiements : il s’est passé sept ans entre la Déclaration d’indépendance en 1776 et le traité de Paris reconnaissant la souveraineté des Etats-Unis…
 
La vraie question est donc de savoir si le Brexit va réellement être mis en œuvre, car cette défaite de l’UE n’ira certainement pas sans réaction de sa part : pour Bruxelles, la démocratie n’est respectable que dans la mesure où le peuple ne vote pas contre les « élites ».
 
Sous ce rapport, le retour de Nigel Farage en politique pourrait bien devenir une nécessité, vu son talent pour exposer les malhonnêtetés et les incohérences de ses adversaires.
 

Anne Dolhein