Education nationale : chut, il ne faut pas parler de radicalisation

Education nationale chut radicalisation
 

Après trente ans de carrière militaire ou, du Sahel aux Balkans, on est habitué à désigner l’ennemi pour le combattre, le colonel Samir Yaker-Borde a découvert à sa retraite l’Education nationale, qui l’a embauché en 2025 en tant que conseiller technique prévention-sécurité. Prenant ses fonctions en février 2026, il les a quittées une semaine plus tard, poussé vers la sortie. Une mission express qui s’est résumée à une formation sur la radicalisation organisée au collège Maryse-Bastié à Décines-Charpieu le 4 février, avec que du beau monde, le proviseur, les RG, la DGSI et des représentants de la préfecture et de l’Education nationale. Comme les débats lui semblaient bien théoriques il a raconté quelques situations concrètes en termes nets : revendications religieuses, tensions autour du ramadan, difficultés liées au respect de la laïcité. Une partie de l’auditoire l’en a remercié, l’autre s’est plainte au point de causer son remerciement. Deux jours plus tard, il était convoqué au cabinet de la rectrice et le 9 il se voyait contraint à la démission. Dans les classes, la montée de l’islam doit rester un motif de rhétorique. Le militaire est désabusé : « Mal nommer un problème, c’est se condamner à ne pas trouver de solution. » Et de déplorer la « culture du pas de vagues » qui prévaut à l’Education nationale. Rien n’a changé depuis Samuel Paty : on ne change pas une équipe qui perd.