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Les églises catholiques interdites aux mineurs en Chine depuis le 1er février

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« Laissez venir Ă  moi les petits enfants Â», dit le Christ. « Interdit aux mineurs Â», rĂ©pond le pouvoir communiste en Chine oĂą, depuis le 1er fĂ©vrier, les parents ont Ă©tĂ© sommĂ©s de ne plus amener leurs enfants Ă  l’église, sous peine de provoquer la fermeture des Ă©difices religieux oĂą l’on contreviendrait Ă  cette règle. Dans certaines provinces, les autoritĂ©s locales ont dĂ©jĂ  demandĂ© aux prĂŞtres d’afficher des avis en ce sens sur les portes des Ă©glises. Telle est la « libertĂ© religieuse Â» en Chine aujourd’hui, Ă  l’heure oĂą le Vatican compose avec le gouvernement pour passer l’Eglise clandestine, fidèle Ă  Rome, sous le contrĂ´le de l’Eglise nationaliste.
 
C’est en application des nouvelles réglementations des affaires religieuses décidées par le gouvernement de Xi Jinping, partisan du renforcement idéologique du marxisme-léninisme dans le Parti et dans l’éducation, que cette approche est adoptée dans de nombreux endroits en Chine. Un prêtre de la province de Hebei – qui a choisi de rester anonyme, et on comprend pourquoi – a ainsi expliqué à ucanews.com qu’en diverses localités de la région, les prêtres ont été invités à afficher l’interdiction aux mineurs sur l’ensemble des églises, lieux de prière et autres édifices religieux.
 
La nouvelle rĂ©glementation met les Ă©glises sur le mĂŞme pied que les clubs et les bars Internet ou l’entrĂ©e des mineurs est interdite.
 

Depuis le 1er février, la surveillance des catholiques s’accroît en Chine

 
Un catholique de Chine centrale, Peter, confirme avoir vu les Ă©criteaux et se plaint de ce qu’ils instaurent des interdictions pour lesquelles il n’y a « aucune base lĂ©gale Â» en Chine : la constitution ne stipule-t-elle pas que les citoyens ont droit Ă  la libertĂ© religieuse, tandis que les lois ont mis en place la protection des mineurs faces aux discriminations en raison de leurs croyances religieuses ? L’histoire montre pourtant que les garanties constitutionnelles affichĂ©es par les pouvoirs communistes Ă  travers le monde n’ont guère de rĂ©alitĂ© concrète.
 
Le même croyant, indigné de ce que la police détourne les yeux lorsque des mineurs entrent dans des bars internet mais semble vouloir appliquer très rigoureusement la surveillance des églises, invoque la Déclaration universelle des droits de l’homme et le droit qui y est reconnu aux parents d’élever leurs enfants conformément à leurs croyances religieuses. Encore une garantie très jolie sur le papier mais qui n’est guère prise au sérieux en dictature communiste…
 
En fait, les catholiques de Chine aujourd’hui sont exposĂ©s Ă  une sorte de loterie, attendant de savoir de quelle manière seront mises en Ĺ“uvre les nouvelles règles en matière religieuse, beaucoup Ă©tant laissĂ© Ă  l’apprĂ©ciation des fonctionnaires communistes de tout rang. Ainsi un prĂŞtre dĂ©signĂ© par son seul prĂ©nom, Thomas, a-t-il indiquĂ© que tout dĂ©pendra des relations entre les Ă©glises et les gouvernements locaux. Pour sa part, il est en discussion avec l’administration Ă©tatique pour les affaires religieuses afin d’obtenir des garanties de libertĂ© pour assurer la « survie Â» de l’Eglise, de telle sorte qu’elle puisse ĂŞtre, avec son « personnel Â», prĂ©servĂ©e des attaques, pour que « la foi de l’Eglise soit prĂ©servĂ©e Â».
 

Les Ă©glises catholiques interdites aux mineurs : c’est bien la transmission de la foi qui est visĂ©e

 
Ces rĂ©glementations touchent l’Eglise patriotique de plus en plus soumise au contrĂ´le du parti communiste central. « Tous les sites religieux doivent ĂŞtre enregistrĂ©s ; il est interdit de se livrer Ă  des activitĂ©s religieuses en dehors de ces lieux enregistrĂ©s ; les clercs non enregistrĂ©s sont interdits de cĂ©lĂ©bration d’office religieux ; les membres du parti et des mineurs ont Ă©galement interdiction d’entrer dans une Ă©glise. L’espace de vie de l’Eglise ne cesse de se rĂ©trĂ©cir Â», a commentĂ© le prĂŞtre.
 
Un prĂŞtre de l’église clandestine du nord est-de la Chine, le P. John, dont la communautĂ© refuse quant Ă  elle de s’enregistrer auprès du gouvernement, a Ă©tĂ© interpellĂ© par les autoritĂ©s Ă  propos des nouvelles règles applicables : on lui a clairement signifiĂ© que le pouvoir ne veut plus voir les catholiques demeurer dans la clandestinitĂ©. « Ils perdraient notre trace et ne sauraient plus oĂą nous sommes. Si notre foi ne se met pas en travers, tout ira bien. Si le bureau des affaires religieuses et celui de la sĂ©curitĂ© publique nous entendent, ils ne s’inquiĂ©teront pas. Si rĂ©ellement nous nous livrons Ă  des activitĂ©s clandestines, nous constituerons un vrai problème pour eux. Â» La pression monte.
 

Le pouvoir communiste en Chine veut marginaliser la pratique religieuse

 
Et c’est ce que dĂ©nonce un prĂŞtre dont il n’est pas prĂ©cisĂ© s’il est « patriotique Â» ou clandestin : « D’aucuns peuvent dire que si les relations entre l’Eglise et les fonctionnaires chargĂ©s de faire respecter la loi sont bonnes, l’Eglise peut ĂŞtre traitĂ©e de manière indulgente. Mais en disant cela ils ne font rien d’autre que de nous tromper. Alors que le gouvernement central exige une application stricte, les fonctionnaires locaux vont faire respecter les règles de manière encore plus stricte. Â»
 

Anne Dolhein