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Etats-Unis : sous la pression de la gauche, marche arrière sur un programme d’histoire trop conservateur

Etats-Unis programme histoire trop conservateur
 
Après la fronde des élèves, des parents et des professeurs contre un nouveau programme d’histoire jugé « trop conservateur » mis en place par le Bureau scolaire de Jefferson County dans la banlieue de Denver, Colorado, les autorités ont décidé de faire marche arrière et de mettre en place une commission pour revoir la teneur du cursus.
 
La mobilisation de gauche contre le projet aura été spectaculaire. Dès l’introduction d’une proposition visant à centrer l’enseignement de l’histoire dans le district sur les « aspects positifs » de l’histoire américaine, mais aussi à promouvoir le « patriotisme » et à décourager « les désordres civils, la lutte sociale ou le mépris de la loi », de nombreux professeurs avaient fait grève – ou plutôt se sont fait porter pâles – imités en cela par de nombreux élèves soutenus par leurs parents.
 

Manifestations contre l’histoire vue par les conservateurs

 
Ce ne sont certes pas les 84.000 jeunes scolarisés sous la responsabilité du Bureau de district qui ont mobilisé contre les propositions de la conservatrice Julie Williams, mais l’opposition a été intense et active, de telle sorte qu’une réunion convoquée jeudi soir a été le théâtre de confrontations amères. Une manifestation avait été organisée aux abords de la salle publique qui a accueilli des centaines de personnes – parents, professeurs, responsables locaux – sous le regard des caméras de tous les coins des Etats-Unis.
 
Criant à la censure, les partisans du rejet du nouveau cursus ont accusé ses promoteurs de cacher leurs intentions réelles en faisant enseigner l’histoire avec un objectif « politique ». Williams est accusée depuis des semaines de vouloir mettre une « couche de glaçage sucré » sur l’histoire américaine, et de mépriser des élèves considérés comme des « délinquants potentiels » qu’il faut réformer.
 
Au bout du compte, sans avoir retiré complètement le projet de rénovation du programme d’histoire, le Bureau a accepté d’y associer élèves et parents.
 

La gauche surveille les programmes, l’histoire et les conservateurs

 
L’affaire est intéressante à plus d’un titre : d’abord, parce qu’elle montre que la gauche connaît mieux que personne l’importance des programmes scolaires, et qu’elle n’entend pas lâcher – un fait qui se vérifie en France comme aux Etats-Unis.
 
Deuxièmement, l’agit-prop dans le domaine fonctionne et certains mots – amour de la patrie, respect de l’ordre, vision positive de l’histoire d’un pays d’Occident en vue de créer une adhésion commune au « roman national » – provoquent une levée de boucliers immédiate, tant les gens sont déjà conditionnés en ce sens.
 
Pour finir – et à l’inverse – on notera que l’association des parents aux processus de mise en place des programmes scolaires est possible, et mobilise les foules. De telles scènes sont inimaginables en France où les curriculums sont fixés à huis clos, non pas pour un district scolaire, mais pour chaque classe de chaque école de chaque région et même de chaque village de France. C’est la socialisation ultime de l’enseignement.