Un homme euthanasié au Canada car on lui a refusé les soins palliatifs par deux fois

euthanasie Canada refus palliatifs
 

Canada, 2023. Un homme de 85 ans découvre qu’il souffre d’une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) en phase terminale. Sa famille l’entoure très activement et avec affection. Mais il a besoin soit d’un lit d’hospice (ainsi appelle-t-on les soins palliatifs au Canada), soit de soins palliatifs à domicile disponibles là où il habite. Par deux fois, il consulte pour obtenir cette aide face à une maladie respiratoire terriblement angoissante. Par deux fois, il lui est répondu que son état ne justifie pas de tels moyens, alors même que celui-ci empire rapidement. La famille entame toutes les démarches nécessaires pour obtenir quand même des soins adéquats, un vrai parcours du combattant. Mais à l’insu des siens, il entame quant à lui une procédure de demande d’aide médicale à mourir, l’AMM légale au Canada dont l’accès devient de plus en plus facile. Il finira euthanasié, le jour-même où il apprend qu’un lit de soins palliatifs s’est libéré, et l’attend.

Une telle histoire pourra assurément se produire bientôt en France lorsque la loi sur l’aide à mourir entrera en vigueur à marche forcée, avec l’appui d’Emmanuel Macron. Colleen De Vos a retracé pour la télévision catholique américaine EWTN les derniers mois de son père, et son histoire est un vrai avertissement.

L’euthanasie au Canada, une machine à justifier le refus des soins palliatifs ?

Le père de Colleen De Vos était quelqu’un de plutôt secret pour ce qui était de sa santé. Mais à force de se focaliser sur la recherche des traitements dont il avait besoin, ses proches n’ont pas remarqué que l’infirmière qui venait lui prodiguer des soins à domicile avait entamé avec lui en secret un dialogue sur l’AMM. « Pour le coup, demander une procédure d’euthanasie se fait aussi simplement que de programmer la vidange de sa voiture », note Colleen De Vos.

Le patient se laissa circonvenir. Et la famille eut la surprise de recevoir par la poste une boîte en carton un kit AMM contenant les substances létales et le matériel médical nécessaire, ayant été tenue complètement à l’écart du processus.

Le jour de la mort programmée de son père, raconte Mme de Vos, plusieurs solutions lui furent proposées, y compris celle d’une hospitalisation sur l’instant en soins palliatifs qui semblait miraculeusement être devenue possible. Pourquoi le patient n’est-il pas revenu sur sa décision ? Il n’avait plus d’espoir, raconte cette femme profondément catholique. « Dans son état d’angoisse mentale, il cherchait peut-être à reprendre le contrôle », explique-t-elle aujourd’hui, en refusant de s’abandonner à l’amour de Dieu et à celui de sa famille, qui avait pourtant tout mis en œuvre pour être auprès de lui 24 heures sur 24.

L’euthanasie est proposée par les infirmiers au Canada

Et c’est ainsi qu’une loi d’euthanasie finit par faire pression sur ceux qui souffrent et qui se trouvent dans un état d’extrême fragilité psychologique et humaine.

Colleen De Vos a un message pour les législateurs qui approuvent l’aide à mourir. Elle les invite à penser au caractère sacré du don de la vie que Dieu offre à chacun : « Il n’appartient pas au législateur de donner aux êtres humains l’autonomie leur permettant de mettre fin à leur propre vie. » (Mais tout récemment, on a appris la sombre aventure d’une grand-mère euthanasiée alors même qu’elle refusait de confirmer sa demande.)

En succombant à la tentation de mettre fin à ses propres souffrances —dans quel état de faiblesse, encore une fois – voilà un père qui a fait peser une autre souffrance plus profonde et plus grave, sinon matériellement plus douloureuse, sur les épaules de ses enfants.

Rappelons-nous que la loi française ne donne absolument aucun droit de regard aux membres de la famille sur une demande de suicide assisté ou d’euthanasie.

Jeanne Smits