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Gouvernance globale : la Chine doit prendre de nouvelles responsabilités, proportionnelles à son poids économique

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Le quotidien anglophone chinois Global Times, contrôlé par le parti communiste et exprimant ainsi la pensée du pouvoir en Chine, vient de publier un éditorial significatif sur le rôle que ce pays devrait assumer dans le monde. Alors que son économie progresse et devrait dépasser celle de la zone euro en 2018, écrit Hu Weijia, il est temps que la Chine assume davantage de responsabilité dans les affaires globales. Le titre de l’article parle clairement de « gouvernance globale », expression récurrente dans la presse communiste chinoise, car la Chine est parfaitement alignée sur la volonté globaliste actuelle. Le poids économique de la Chine ne cesse de s’alourdir : son PIB pourrait atteindre les 13,2 mille milliards de dollars en 2018 selon Bloomberg. C’est 400 milliards de plus que les 19 pays utilisant l’euro.
 
Pour ce qui est de la croissance, rappelle l’éditorialiste, entre 2013 et 2016, la contribution annuelle moyenne de la Chine à la croissance globale représentait plus de 30 %, soit davantage que celle des Etats-Unis, la zone euro et du Japon ensemble.
 

La Chine lorgne sur de nouvelles responsabilités globalistes

 
Cette croissance qui a été fortement aidée depuis les années 1980 par les nouvelles règles du commerce international et l’acceptation de la Chine communiste dans le concert commercial des pays libres fait qu’aujourd’hui, elle est devenue « trop grande pour se contenter de commenter les affaires globales depuis la ligne de touche », explique Hu Weijia. « La gigantesque économie du pays en fait un participant important sur le marché global. La Chine doit s’engager davantage dans le système économique international afin de fournir davantage de produits publics à la communauté globale. C’est une réalité à laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire », écrit-il.
 
Voici donc la Chine encouragée de l’intérieur à contribuer à l’éradication de la pauvreté dans le monde, notamment grâce à son initiative de la Nouvelle route de la soie, alors que sur place la population manque plus souvent de moyens et toujours de liberté. Cela fait partie depuis toujours de la propagande communiste : la mise en œuvre de la pensée marxiste-léniniste est supposée réduire la misère. Liu Yongfu, directeur du groupe directeur du Conseil d’Etat pour l’allégement de la pauvreté et pour le développement a annoncé cet objectif du projet Belt and Road mercredi. Ce que dans les pays développés ont fait par le biais de l’aide sociale, la Chine compte le réaliser grâce au développement, a-t-il expliqué.
 

La Chine argue de son poids économique pour prendre de nouvelles responsabilités dans la gouvernance globale

 
Mais elle ne se cantonne pas à la « bienfaisance ». « En tant que deuxième économie mondiale, la Chine doit être au premier rang de la prise de responsabilité en vue de la gouvernance économique globale. Ainsi, alors que la Chine joue un rôle plus important dans le commerce international, le pays accélère les processus en vue de promouvoir un réseau global de haut niveau pour le libre-échange. Il ne semble pas que le pays veuille fermer la porte aux sociétés multinationales, alors que l’économie chinoise fait sa transition vers un modèle de croissance porté par la consommation », écrit l’éditorialiste.
 
Tout cela est assorti des habituelles protestations de volonté pacifique ; la Chine ne cherche pas l’hégémonie, elle ne menacera jamais personne, foi d’éditorialiste communiste. En attendant, le message est très clair : la Chine veut jouer un rôle de tout premier plan en faveur de tous les mécanismes mondiaux conduisant en réalité vers une économie contrôlée au plus haut niveau.
 

Anne Dolhein