Les « influenceurs » convoqués au chevet de l’UE

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Le Conseil de l’Europe vient d’indiquer aux gouvernements nationaux de l’UE que les « influenceurs » seront autorisés à filmer les réunions des dirigeants européens à Bruxelles dès juillet, révèle Politico. Les heureux élus seront désignés par les pays membres parmi les YouTubers et TikTokers qui satisferont à une condition simple : ne pas être opposés aux « valeurs de l’Union européenne ». Pas question donc d’inviter ces créateurs de contenu s’ils n’aiment pas l’UE. Un peu comme il faut aimer Big Brother ?

Leur participation ne sera pas rémunérée (mais qui paiera leurs voyages ?). Ils ne doivent pas avoir de partenariats commerciaux importants ou de longue date, et ils ne doivent pas avoir d’ambitions politiques, mais leur compte devra avoir une audience significative. Ils devront également démontrer avoir déjà publié au sujet de l’Union européenne. Mais l’idée est simple : ils doivent s’ajouter, voire se substituer aux journalistes accrédités qui à ce jour ont un accès exclusif à ces rencontres.

L’International Press Association a dénoncé le projet, qui n’a pas le soutien de tous les Etats membres, en déclarant dans un communiqué publié en mai lors de la première annonce de ce gadget : « Les clics, les vues et les impressions, c’est très bien sur TikTok et Instagram. Mais le fait est là : les influenceurs présents lors des conférences de presse et des sommets n’auront pas à révéler qui les rémunère. En revanche, on n’attend pas des journalistes accrédités auprès de l’UE qu’ils acceptent d’être rémunérés en échange d’articles sympathique. C’est ce qu’on appelle, en quelque sorte, l’éthique journalistique. »

Etre anti-UE est déjà assez largement tabou dans la presse mainstream. L’UE veut aller plus loin en utilisant les réseaux sociaux, dont on croyait avoir compris qu’ils corrompent la jeunesse.